Avec le tram, de nouvelles lignes de bus

Philippe Bodeux
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  • Parmi les lignes impactées par le tram, celle du 58 qui relie le Sart Tilman. En principe, elle démarrera de Sclessin et non plus du centre-ville. © Dessart
    Parmi les lignes impactées par le tram, celle du 58 qui relie le Sart Tilman. En principe, elle démarrera de Sclessin et non plus du centre-ville. © Dessart

L’arrivée du tram à Liège sera-t-il le « big bang » de la mobilité dans l’agglomération ? Le TEC Liège-Verviers dispose de trois bonnes années pour réorganiser son réseau, en fonction de la création d’une ligne 1 entre Sclessin et Coronmeuse. Mais avec quels moyens et quelles priorités ?

Le consortium LiègeTram chargé de l’étude globale de la ligne a calculé l’impact du tram sur les coûts d’exploitation du TEC, entendu que le gouvernement wallon a exigé qu’ils n’augmentent pas. Selon LiègeTram, les coûts d’exploitation sur la ligne 1 seront moins élevés avec le tram. Certes, le coût au kilomètre est plus élevé mais comme le tram a une plus grande capacité, il permet de substantielles économies en matière de personnel et d’énergie. Sans compter d’autres bénéfices tels que le confort et des fréquences plus nombreuses. Conclusion : ces économies permettent de renforcer des axes de bus existants et de créer une nouvelle ligne, tout cela en complémentarité avec l’axe 1 du tram.

« Les études montrent que le TEC peut réorganiser le réseau en créant 4 axes structurants, à coût constant », déclare le ministre wallon de la Mobilité Philippe Henry. Quels axes ? Des transversales à l’axe 1 qui ont déjà été signalées par le passé : l’axe St-Lambert/Ans/Loncin, l’axe St-Lambert/Rocourt et l’axe St-Lambert/ Beyne/Fléron (lire infographie). Quant au 4e axe, il s’agit d’une nouveauté : une ligne rapide CHU-Gramme-Rive droite-centre. « Cette ligne permet de desservir la rive droite de la Meuse parallèlement à l’axe 1 situé en rive droite. Elle offre aussi un accès rapide au campus du Sart Tilman avec des fréquences de dix bus par heure aux heures de pointe », note Philippe Henry qui va plus loin. « Je propose que cette ligne baptisée 148 se prolonge au-delà de la place Saint-Lambert pour atteindre le nouveau site du CHC en passant par Fontainebleau et Burenville ». Avantage : la suppression d’un terminus aux abords de la place Saint-Lambert. « Avec le tram, la Ville de Liège entend retrouver de l’espace public au centre-ville. Pour cela, il faut casser la logique des lignes qui démarrent de la place Saint-Lambert où s’y arrêtent », poursuit Philippe Henry.

Cette nouvelle ligne nécessitera des travaux d’infrastructures : un site propre le long du Ravel entre Burenville et le futur hôpital. « Le coût de ces travaux est évalué à 15 millions d’euros », affirme le ministre qui remarque que ceux-ci pourraient servir ultérieurement au passage d’un mode de transport structurant style trolley (NDLR : l’axe 2, déjà étudié en détail mais qui, pour l’instant, reste dans les cartons).

Autre proposition de Philippe Henry : la prolongation de la ligne de Fléron jusqu’au CHR, histoire d’avoir une connexion plus rapide de l’hôpital avec le centre-ville et le plateau de Fléron. Sans compter la suppression d’un terminus au centre-ville.

Enfin, le tram engendrera la suppression de certains tronçons de lignes qui arrivaient au centre de Liège. Exemple : les lignes qui viennent de Seraing et qui s’arrêteront à Sclessin, en correspondance avec le tram. Même principe pour la ligne 58 qui monte au Sart Tilman.

« Nous avons un modèle sur la table : la restructuration du réseau doit encore évoluer, nous avons trois ans pour le faire », déclare Isabelle Mewissen. « Nous avons le temps de faire les choses convenablement, le débat est ouvert mais il ne faut pas traîner, histoire d’être en phase avec le tram » nuance Philippe Henry.