Basket : l’Euro s’est envolé en Suisse pour les Belgian Lions
Battus par la Suisse lors des éliminatoires pour l’Euro après une prestation décevante, les Belgian Lions voient s’éloigner leurs espoirs de qualification. De notre envoyé spécial Stéphane Druart.
Suisse-Belgique 82-73
Comment encore croire à la qualification de la Belgique pour l’Euro 2013 ? Certes la troisième place peut encore l’y emmener, à condition de battre la Finlande samedi à Anvers puis de s’imposer mardi en Albanie. Mais la débâcle en Suisse, après la déroute à Helsinki et l’échec face à la Pologne, laisse peu d’espoir raisonnable d’un revirement dont les Belges ne sont en outre pas maîtres puisque seuls les quatre meilleurs troisièmes des six groupes qualificatifs rejoindront les deux premiers. Sans compter qu’au niveau affiché à Fribourg, à quoi bon se rendre en Slovénie ?
Ceci dit, les Belges jouaient déjà pour la troisième place. Car la victoire de la Pologne en Finlande, acquise sous l’impulsion d’un Gortat impérial juste avant le coup d’envoi, les forçait à un improbable exploit au-delà d’enterrer la Suisse. Ce 3e déplacement pressenti piège était donc plombé d’entrée. Mais il imposait précisément aux Lions de s’imposer. Or, ce match disputé devant quelques… 300 âmes, a rapidement tourné au fiasco. Méconnaissables, les Belges ont perdu enthousiasme et confiance. Même leur légendaire hargne défensive s’est dissoute.
Balayés 98-49 au match aller, les Suisses se replièrent vite en zone. Mais là où les Lions l’avaient démolie à Anvers, ils sombrèrent dans un jeu stéréotypé, sans activité, vitesse et fluidité. Le banc se confirmait transparent. Mais même les joueurs d’expérience apparaissaient bien pâles. Or, sans solidarité défensive ni animation collective, la crispation se mua en apathie : 26-21 au quart-temps, puis 36-26 et 45-37 à la mi-temps !
Les Belges n’avaient pris vie que par de rares bouffées. En accélérant, ils retrouvaient leur supériorité intrinsèque, mais cette vitesse se faisait précipitation et la Suisse, jouant crânement, punissait ces innombrables errements. Il ne s’agissait donc plus d’être brillant, mais de se sortir de cette ornière au caractère. Las ! Seul Beghin enquilla trois paniers dans un 3e quart plus courageux mais qui n’avait rien grappillé : 59-51.
La chance, que les Belges avaient trop tardé à forcer, souriait aux Suisses. Et c’est avec l’énergie du désespoir que Tabu puis Van Rossom retrouvaient enfin audace et créativité : 69-64. C’est à eux que revenait le destin des Lions. Mais leur force était collective et leur échec l’est donc aussi. Car si la Belgique ne parvient pas à dicter sa loi à cette nation issue de la division B européenne, c’est que cette sélection est trop courte pour assouvir son ambition de retourner, même par le chas de l’aiguille, à l’Euro.







