Bruxelles, fer de lance du passif en Europe

Paolo Leonardi
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Ces vendredi, samedi et dimanche, le Salon « PassiveHouse » mobilisera l’attention des candidats bâtisseurs et autres promoteurs sur le site de Tour et Taxis, à Bruxelles. L’occasion de mieux faire connaissance avec cette technique de construction qui nous vient d’Allemagne – il y a déjà plus de vingt ans ! – mais qui doit encore entrer dans les mœurs en Belgique, comme dans beaucoup d’autres pays européens d’ailleurs.

Quand on parle de passif, l’impératif est de mise. Car la législation l’a imposé à partir de 2015 dans toute nouvelle construction et rénovation « lourde ». Et si des arrêtés d’exécution, décidés récemment, apporteront quelques assouplissements à la loi pendant trois ans, à partir de 2018, nous n’aurons plus le choix : si l’on veut construire ou rénover en grande partie sa maison, celle-ci devra être obligatoirement passive.

De 10.000 mètres carrés de constructions passives en 2007 (mais la première maison passive belge date de 2006), notre pays est passé aujourd’hui à un total de 600.000 m2. C’est encore trop peu mais la tendance est clairement à la (forte) hausse.

La Flandre construit essentiellement des maisons, surtout des quatre façades. Idem, mais dans une proportion moindre en Wallonie. Quant à Bruxelles, c’est là que le passif « explose » littéralement. Des bâtiments publics, des écoles, des hôtels, des crèches, des centres de formation et même une mosquée ont vu, ou verront le jour prochainement. En attendant l’arrivée des tours passives dont quelques mégaprojets sont en phase très avancée sur la table des promoteurs. « La Flandre et la Wallonie sont encore à des années-lumière de ce qu’elles devraient faire en matière de constructions passives mais la situation évolue lentement mais sûrement, estime à ce sujet Sebastian Moreno-Vacca, le président de la Plateforme maison passive (PMP) organisatrice du Salon. Quant à Bruxelles, on y vit une situation de dingues (sic !). Beaucoup de projets, et non des moindres, sont en cours. Tous les indicateurs sont aujourd’hui au vert. »

A tel point que la Région bruxelloise, grâce notamment à sa politique de « bâtiments exemplaires » lancée il y a déjà plusieurs années par le cabinet de la ministre Huytebroeck, est aujourd’hui considérée comme un fer de lance et montrée en exemple à travers toute l’Europe. « Il m’est déjà arrivé de me retrouver dans des conférences où je me demandais si l’on n’avait pas payé les participants tellement les éloges étaient énormes… », plaisante le président de la PMP.

D’autres éléments déclencheurs ont contribué à faire du passif un concept constructif très en vogue aujourd’hui. « Des icônes de l’architecture comme Pierre Blondel, Olivier Bastin et d’autres ont participé à son succès, insiste Sebastian Moreno-Vacca. L’intérêt du secteur du clé-sur-porte fut un autre facteur déterminant. »

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