Zebda va faire swinguer l’abbaye

Vincent Fifi
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  • Un Soir autour du Monde, ici en 2009, a sérieusement tangué. Il repart néanmoins, avec un budget de 200.000 euros dont 20.000 euros apportés par la Province. © isabelle Ferier.
    Un Soir autour du Monde, ici en 2009, a sérieusement tangué. Il repart néanmoins, avec un budget de 200.000 euros dont 20.000 euros apportés par la Province. © isabelle Ferier.

Vendredi à 18 h, la Bruxelloise Noa Moon, dont le « Paradise » fait un carton en radio, ouvrira à l’abbaye de Villers la huitième édition d’Un Soir autour du Monde. Un lancement en douceur mais au fil de la soirée, l’ambiance va sérieusement se réchauffer autour des trois scènes installées sur le site.

Ainsi, à 21 h, Les Tambours du Bronx feront vibrer les vieux murs. Plus tard, les bondissants Toulousains de Zebda conjugueront humour, rythme et messages de tolérance. Samedi soir, on entendra notamment Sarah Carlier, Suarez, le Peuple de l’Herbe, Balimurphy…

Bref, c’est une encore une très belle affiche que les organisateurs proposent. Mais résumer le festival aux artistes serait un peu court : Un Soir autour du Monde, c’est aussi une philosophie, et un projet solidaire. En effet, l’événement a été créé en 2005 par un groupe de jeunes de Villers cherchant à financer le développement d’un quartier de la banlieue de Dakar, au Sénégal.

Les bénéfices ont ainsi permis la construction de classes, d’un cybercafé, la participation à des plans de prévention Sida, la formation de jeunes aux techniques d’animation… Et jusqu’à 2011, toute l’équipe était constituée de ces jeunes, 100 % bénévoles, qui s’investissaient dans le Festival et lui donnaient une orientation solidaire, éthique et durable.

Sympa, mais l’événement a grandi et l’édition 2011 a montré les limites d’une organisation non professionnelle, reposant sur des jeunes qui, après sept ans, poursuivent des études supérieures ou commencent à fonder une famille. Le tout conjugué à une date pas très judicieusement choisie, et Un Soir autour du Monde a sérieusement tangué.

Il repart néanmoins, avec un budget de 200.000 euros dont 20.000 euros apportés par la Province. Les organisateurs se sont entourés d’une structure professionnelle, à savoir l’ASBL Idée Fixe, bien connue en Brabant wallon pour les Nuits du Cirque de Villers, ou encore les opéras en plein air à La Hulpe. De quoi bénéficier d’un solide coup de main pour trouver des financements, négocier avec les prestataires techniques ou encore planifier une promotion solide. Au risque de perdre un peu de l’âme du festival ? « Julien Piret (cheville ouvrière du festival, NDLR) n’aurait jamais accepté une collaboration si nous avions remis leurs valeurs en question, répond Cédric Monnoye, d’Idée Fixe. On va se battre avec les jeunes pour pérenniser l’événement et dégager des fonds pour le projet humanitaire. »