Interdire les tracteurs sur la N 25 ?
La BMW à bord de laquelle se trouvaient deux jeunes d’une trentaine d’années a heurté la remorque d’un tracteur avant de faire une embardée spectaculaire et de finir sa course sur le toit. L’un des occupants a été légèrement blessé tandis que le pronostic vital était engagé pour le second.
Ce nouvel accident réveille le débat, voire la polémique. Doit-on continuer à autoriser les tracteurs à emprunter une voirie à deux bandes où les autres usagers peuvent rouler jusqu’à 120 km/h ? « L’idéal serait de repenser la Nationale 25, répond sans ambages Benoit Godart, le porte-parole de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR). Il faut garder une certaine homogénéité de vitesse et de véhicules. Aux Pays-Bas, par exemple, ce type de route n’existe pas. Nous devrions évoluer vers plus de clarté en déviant, pourquoi pas, les tracteurs vers d’autres itinéraires. »
D’autant que selon Benoit Godard, la Nationale 25 n’est pas totalement sécurisante : « Ce n’est pas une simple ligne droite. Il y a des montées, des descentes ou encore des tournants serrés, vu la topographie des lieux. »
Une autre réalité augmente le risque d’accidents sur cet axe rapide qui relie Louvain-la-Neuve à Nivelles : la vitesse de certains usagers. « Pour emprunter cet axe à de nombreuses reprises, je sais que des gens roulent à une vitesse qui dépasse très largement la limite autorisée. Je pense qu’effectuer des contrôles de police plus réguliers pourrait permettre de modifier quelque peu le comportement des automobilistes. »
Il est clair que malgré les nombreux panneaux qui insistent sur la présence de tracteurs circulant à 30 km/h, bien des conducteurs d’autres véhicules n’adaptent pas leur vitesse en conséquence. « La Nationale 25 a quasiment une fonction d’autoroute… Il faut clairement la repenser », ajoute le porte-parole de l’IBSR.
Qu’en pensent les agriculteurs ? Témoignage d’Hubert Bodart, qui gère la Ferme de la Vallée à Genappe et qui emprunte régulièrement la N 25 : « C’est clairement dangereux. Mais il n’y a pas beaucoup d’autre solution : il n’y a pas de route secondaire. Ou alors qu’on nous aménage un chemin en parallèle… À certains endroits, c’est le cas. Mais pas partout. » Le 15 août dernier, la belle-fille d’Hubert Bodart a elle-même été victime d’un accident sur la N25 avec un tracteur. Comme jeudi, sa voiture s’était retournée. Elle s’en était sortie avec une grosse bosse. D’après des témoins, la remorque était mal éclairée. « Personnellement, j’essaye de toujours circuler en journée, conclut l’agriculteur. Avec nos gyrophares, on nous voit d’assez loin. D’autant qu’il y a des panneaux qui indiquent notre présence. On ne peut pas dire que les automobilistes ne sont pas informés. »


