Interdire les tracteurs sur la N 25 ?

Adrien Vigneron
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  • Un tracteur qui circule à 30 km/h, une BMW qui circulait à une vitesse non communiquée mais excessive, selon des témoins : l’accident spectaculaire de jeudi repose la question de la cohabitation entre les tracteurs et les autres véhicules sur la Nationale 25. Le point de vue du porte-parole de l’Institut belge pour la sécurité routière est clair : il faut repenser cet axe rapide. Photo D. R.
    Un tracteur qui circule à 30 km/h, une BMW qui circulait à une vitesse non communiquée mais excessive, selon des témoins : l’accident spectaculaire de jeudi repose la question de la cohabitation entre les tracteurs et les autres véhicules sur la Nationale 25. Le point de vue du porte-parole de l’Institut belge pour la sécurité routière est clair : il faut repenser cet axe rapide. Photo D. R.

Ce jeudi, un accident grave s’est produit sur la Nationale 25 à Genappe. Une BMW a heurté un tracteur avant d’effectuer une embardée (Le Soir de vendredi). Et ce n’est pas un cas isolé. Du coup, certains jugent que ce type de véhicule n’a pas sa place sur une voirie où la vitesse maximale autorisée est de 120 km/h.

La BMW à bord de laquelle se trouvaient deux jeunes d’une trentaine d’années a heurté la remorque d’un tracteur avant de faire une embardée spectaculaire et de finir sa course sur le toit. L’un des occupants a été légèrement blessé tandis que le pronostic vital était engagé pour le second.

Ce nouvel accident réveille le débat, voire la polémique. Doit-on continuer à autoriser les tracteurs à emprunter une voirie à deux bandes où les autres usagers peuvent rouler jusqu’à 120 km/h ? « L’idéal serait de repenser la Nationale 25, répond sans ambages Benoit Godart, le porte-parole de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR). Il faut garder une certaine homogénéité de vitesse et de véhicules. Aux Pays-Bas, par exemple, ce type de route n’existe pas. Nous devrions évoluer vers plus de clarté en déviant, pourquoi pas, les tracteurs vers d’autres itinéraires. »

D’autant que selon Benoit Godard, la Nationale 25 n’est pas totalement sécurisante : « Ce n’est pas une simple ligne droite. Il y a des montées, des descentes ou encore des tournants serrés, vu la topographie des lieux. »

Une autre réalité augmente le risque d’accidents sur cet axe rapide qui relie Louvain-la-Neuve à Nivelles : la vitesse de certains usagers. « Pour emprunter cet axe à de nombreuses reprises, je sais que des gens roulent à une vitesse qui dépasse très largement la limite autorisée. Je pense qu’effectuer des contrôles de police plus réguliers pourrait permettre de modifier quelque peu le comportement des automobilistes. »

Il est clair que malgré les nombreux panneaux qui insistent sur la présence de tracteurs circulant à 30 km/h, bien des conducteurs d’autres véhicules n’adaptent pas leur vitesse en conséquence. « La Nationale 25 a quasiment une fonction d’autoroute… Il faut clairement la repenser », ajoute le porte-parole de l’IBSR.

« Qu’on nous aménage un chemin en parallèle », suggère un agriculteur

Qu’en pensent les agriculteurs ? Témoignage d’Hubert Bodart, qui gère la Ferme de la Vallée à Genappe et qui emprunte régulièrement la N 25 : « C’est clairement dangereux. Mais il n’y a pas beaucoup d’autre solution : il n’y a pas de route secondaire. Ou alors qu’on nous aménage un chemin en parallèle… À certains endroits, c’est le cas. Mais pas partout. » Le 15 août dernier, la belle-fille d’Hubert Bodart a elle-même été victime d’un accident sur la N25 avec un tracteur. Comme jeudi, sa voiture s’était retournée. Elle s’en était sortie avec une grosse bosse. D’après des témoins, la remorque était mal éclairée. « Personnellement, j’essaye de toujours circuler en journée, conclut l’agriculteur. Avec nos gyrophares, on nous voit d’assez loin. D’autant qu’il y a des panneaux qui indiquent notre présence. On ne peut pas dire que les automobilistes ne sont pas informés. »