A Fexhe, majorité et opposition se combattent au tribunal
En jeu, une longue critique du budget communal parue au printemps dans le toutes-boîtes qu’édite l’USC et dont les meilleurs extraits – en caractères gras dans le texte – ont été lus à l’audience : « A l’examen du budget, il y a lieu de douter du boni budgétaire », « volonté délibérée de cacher un mali budgétaire », « manipulation des chiffres », etc. De quoi irriter le collège communal, qui a d’abord réclamé de l’éditeur responsable « qu’il prenne ses responsabilités » en publiant un droit de réponse de quelques pages dans le prochain numéro d’« Interface » puis qui, n’étant pas entendu, a saisi la justice.
« J’en ai marre de cette histoire, se désole Josiane Close, alors présidente de l’USC et éditrice responsable du toutes-boîtes. Je ne comprends pas qu’on en arrive là pour un truc pareil, dans une commune de 3.000 habitants. C’est démesuré. Nous sommes en démocratie, il devrait être possible de s’exprimer sans comparaître au tribunal correctionnel. »
Fort d’un budget qui, depuis lors, a été approuvé sans réserve par la tutelle provinciale, le collège n’en démord pas, il veut son droit de réponse. A faire paraître au plus vite. « De plus, ces critiques nous ont valu de nombreuses questions des concitoyens, auxquelles il a fallu répondre, ajoute le bourgmestre (MR), Henri Christophe. Nous réclamons 1.000 euros pour ce surcroît de travail, qui seront reversés au CPAS. »
La justice pourra-t-elle obliger l’USC de Fexhe à publier un numéro d’« Interface » pour y insérer expressément un droit de réponse ? La juge devrait faire connaître sa décision le 21 septembre. Si elle donne raison au collège communal mais aussi au substitut, qui suggère une astreinte de 100 euros par jour de retard, la majorité pourra donc faire publier, aux frais de ses rivaux politiques et à trois semaines du scrutin, un long article vantant les qualités de son budget.







