Le boulevard, un nouvel atout

Nicolas Druez
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  • Le boulevard, depuis les travaux, a un tout autre look. Les piétons peuvent même se reposer sur la bande centrale. Le mobilier urbain y est progressivement installé. Des sièges sont scellés dans le sol. Photo Nicolas Druez.
    Le boulevard, depuis les travaux, a un tout autre look. Les piétons peuvent même se reposer sur la bande centrale. Le mobilier urbain y est progressivement installé. Des sièges sont scellés dans le sol. Photo Nicolas Druez.

Une mer de tarmac, sur quatre bandes de circulation. Un flot incessant de camions. Septembre 2010, au départ du rond-point de la Pirire : le visage de la traversée de Marche-en-Famenne ressemble à une balafre. La même, depuis cinquante ans. Deux ans et une opération plus tard, la greffe a pris, sous la forme d’un boulevard urbain. Il déroule ses deux voiries, sa piste cyclable, ses bandes de gazon, etc., jusqu’au rond-point du Carmel.

Reprenons, à la Pirire, pôle commercial et nœud routier. Les quatre bandes ont disparu, au profit de deux chaussées. La perception pour l’automobiliste a complètement changé. Le premier réflexe est de réduire la vitesse : il n’est plus seul, dans cette artère. L’accent a été mis sur la mobilité douce. Les trottoirs ont été élargis, de manière à garantir une plus grande sécurité, pour les piétons. Au milieu, une piste cyclable. Certains l’adoptent déjà. D’ici quelques semaines, des plantations offriront encore davantage de fraîcheur et de verdure. Les camions sont bannis.

Circulez, il y a encore à voir. Un premier rond-point, au niveau du boulevard du Midi. Deux autres encore, histoire de faciliter le trafic et les manœuvres : rue Porte-Basse et devant l’enseigne Carrefour. Un éclairage moderne et plus adapté a remplacé les vieux luminaires. Le mobilier urbain est installé progressivement. Envie d’une pause, comme piéton ? Des sièges sont scellés dans le sol. Les commerçants de la ville y apprécieront peut-être mieux qu’il y a quelques mois les changements. Eux, ils ont souffert des travaux.

Cela aurait pu être pire, paraît-il ! La Région wallonne a un moment rêvé de donner vie au boulevard en six phases. Un cauchemar, pour le mayeur André Bouchat (CDH) : « Le chantier aurait duré dix ans ! Intenable. J’ai même imaginé le financer sur fonds propres », souligne-t-il. Le député bourgmestre a pris sa voiture, plus d’une fois, pour se rendre à Namur. Jusqu’à obtenir un projet ficelé en deux ans et avec quatre-vingt jours d’avance sur le délai initial. Coût de ce lifting profond, 6,6 millions d’euros, dont 200.000 euros à charge de la commune.

Après le rond-point de la Porte-Basse, l’axe rejoint le pôle du Carmel, autre moteur commercial de la ville. Là, le tronçon aiguise l’appétit des promoteurs immobiliers. Des magasins vont s’étendre (Colruyt, Aldi…) et un nouveau complexe sortira bientôt de terre.