Les pierres et marbres de Wallonie ont leur label

Julie Schyns
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  • « L’impact du transport des pierres, depuis l’Asie, sur l’environnement est catastrophique », affirme Philippe Henry, ministre wallon de l’Environnement.
    « L’impact du transport des pierres, depuis l’Asie, sur l’environnement est catastrophique », affirme Philippe Henry, ministre wallon de l’Environnement.

La région wallonne, en collaboration avec l’ASBL Pierre et Marbres de Wallonie vient de lancer officiellement un label « Pierres et Marbres de Wallonie » (PMW), auquel pourra prétendre tout exploitant d’une carrière de roches ornementales située sur le territoire wallon.

Objectif ? Valoriser la pierre wallonne face à la concurrence des pays asiatiques en insistant sur des critères durables. « L’impact du transport des pierres, depuis les pays asiatiques, sur l’environnement est catastrophique et la qualité des produits asiatiques est nettement inférieure », affirme Philippe Henry, ministre wallon (Écolo) en charge de l’Environnement.

Mille emplois directs

Pour prétendre au label, les exploitants wallons devront respecter une série de conditions : une gestion parcimonieuse de la ressource naturelle, le respect de l’environnement, le respect de la législation sociale en vigueur en termes de réglementation du travail et la réalisation du travail de transformation de la pierre en Wallonie. Ce label insiste donc sur les aspects de proximité et les intérêts que présentent les « produits de circuit court », il se destine avant tout au grand public, afin de lui garantir qu’il achète bien une pierre ornementale naturelle extraite en Région wallonne.

Dans la foulée, l’objectif est également de sensibiliser les pouvoirs publics à cette problématique. Actuellement le cabinet du ministre wallon (PS) de l’Économie, Jean-Claude Marcourt, travaille sur une circulaire établissant une série de critères environnementaux, éthiques et qualitatifs à prendre en compte lors de l’attribution d’un marché public. Circulaire qui ne pourrait être en rien contraignante. « On peut difficilement obliger toutes les autorités publiques à acheter de la pierre wallonne mais on peut les inciter à favoriser des marchés publics sur base de critères autres que financiers car les autorités se fourvoient parfois en choisissant les pierres les moins chères », dit Philippe Henry.

« Les exploitants de carrière paient des taxes, c’est de l’argent qui entre dans les caisses de l’État. Les carrières wallonnes représentent plus de 1.000 emplois directs. Les pouvoirs publics doivent comprendre ça ! », ajoute Pierre Dethier, président de Pierres et Marbres de Wallonie et exploitant des Carrières du bois d’Anthisnes.

L’ASBL Pierres et Marbres de Wallonie compte 35 carrières dont 17 se situent en province de Liège. Les premiers labels seront délivrés au printemps 2013.