Chooz : c’est reparti…
Selon Pierre Verot, responsable du service de communication de la centrale, il s’agissait surtout de recharger le combustible. « Cet arrêt programmé a aussi été l’occasion de réaliser des opérations de maintenance, dans les parties nucléaires et non nucléaires de l’installation afin d’augmenter toujours davantage le niveau de sûreté. Au total, la centrale a investi 60,4 millions d’euros lors de cet arrêt. A titre d’exemple, les trois pôles du transformateur principal ont été remplacés. Par ailleurs, quatre pompes du circuit primaire ont fait l’objet d’une maintenance importante. » Deux derniers chiffres, EDF a fait appel à 80 entreprises partenaires qui ont ensemble dépêché à Chooz près de 2.000 travailleurs aux compétences diverses… Comme le veut la procédure, les différentes opérations se sont déroulées sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), gendarme français équivalant à notre AFCN, qui, après analyse des résultats, a donné son feu vert pour le redémarrage de l’unité de production.
Au-delà de la nouvelle factuelle, cette annonce peut avoir une certaine résonance chez nous. D’une part, l’existence de la centrale de Chooz, à un jet de pierre de la frontière, reste vue négativement par une bonne partie de la population du sud de la province namuroise.
De quoi se demander si le site de Chooz est menacé par le changement de majorité en France, et particulièrement l’arrivée des verts au gouvernement. Les sorties les plus récentes du président François Hollande placent un basculement de l’Hexagone vers une plus grande autonomie énergétique à l’horizon 2025. Autant dire dans trois quinquennats. D’ici là, beaucoup d’eau aura coulé dans la Meuse et ailleurs… Bref, rien de véritablement tangible en ce moment.
Une autre question est la sécurité des centrales, à l’heure où l’avenir semble particulièrement incertain pour Tihange 2 et Doel 3. Rappelons qu’en terre hutoise, le réacteur a été mis à l’arrêt pour une révision en profondeur de sa cuve. Et qu’à cette occasion, voici dix jours, on décelait un nouveau problème : une dégradation du béton dans l’enceinte de confinement du réacteur qui va bien au-delà des phénomènes d’effritement constatés voici quelques années. Visiblement, à Chooz, le redémarrage laisse penser qu’aucun souci de ce type n’y existe.


