Le village de Fisenne se mobilise contre les éoliennes

Nicolas Druez
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Cette fois, les intentions d’Electrabel sont claires : la société a déposé un dossier complet pour la construction d’un parc éolien, dans la commune d’Erezée. Pour être précis, les cinq machines devraient sortir de terre sur une crête en face du village de Fisenne. Le parc se verrait également depuis certains villages de la commune de Durbuy, dont la frontière est à la limite. Face aux intentions du promoteur, la détermination des opposants semble tout aussi évidente.

Ce week-end, les membres d’une ASBL intitulée « Nature et Patrimoine en Ourthe et Aisne » ont mené une action symbolique : ils ont lâché des ballons de couleur rouge dans le ciel. But ? Sensibiliser la population aux conséquences de l’implantation des cinq machines, d’une hauteur de 150 mètres. Une réunion d’information, prévue dans le cadre de la procédure, se déroulait mardi soir sur ce dossier délicat. Pour les riverains, la création du parc est inacceptable. Ils avancent entre autres comme argument l’impact paysager.

L’enquête publique se déroule, elle, jusqu’au 24 septembre. Il y a un an, à l’initiative de la commune, une réunion informelle avait été organisée. Depuis, Electrabel a définitivement arrêté son projet. Les autorités locales devront, dans la foulée de l’enquête publique, rendre un avis pour le 4 octobre, au plus tard. À ce stade, le bourgmestre Michel Jacquet (MR) ne souhaite pas prendre position officiellement. « Il convient d’être prudent car il existe une voie légale pour s’exprimer et je n’entends pas m’en écarter. Nous voulons disposer de tous les éléments », explique-t-il.

L’avis de Durbuy a été sollicité. Son bourgmestre, Philippe Bontemps (CDH), ne cache pas son opposition au projet : « Nous avons déjà écrit pour indiquer qu’il n’était pas question de soutenir l’implantation de ces éoliennes ». Il rappelle qu’à moins de deux kilomètres se trouve un des sites mégalithiques, à Oppagne-Wéris. « Un des plus beaux d’Europe ! Nous sommes par ailleurs dans une région touristique. C’est notre première activité économique. » La Ville a une attitude comparable face à toutes les demandes des promoteurs éoliens. « Nous refusons systématiquement. Nous serions envahis, tant nos plateaux sont recherchés pour ce type d’activité », conclut-il.