« Il faut sauver l’école communale ! »
« Ce mardi, explique la directrice de l’école Claude Blondiau, il me manquait deux élèves en maternelle et un en primaire. Si je n’ai pas mon quota pour lundi, en maternelle, je dois fermer la section. Pour garder une classe, le ministère impose en effet que douze enfants aient fréquenté les cours durant 15 jours sur le mois de septembre. Une inscription après lundi et il sera trop tard. »
Ce mercredi matin, devant les grilles, des représentants politiques de l’opposition communale et des parents d’élèves ont manifesté leur soutien à l’école. Ils ont pu s’entretenir avec la directrice et avec l’échevine de l’Enseignement Florence Denamur (CDH), arrivée à la rescousse. « J’ai pu les rassurer un peu, poursuit Claude Blondiau. Nous avons obtenu l’inscription d’un élève en maternelle. Et j’espère bien en accueillir un supplémentaire ce jeudi. Ce qui sauverait la section. »
« De toute façon, nous reviendrons ce jeudi matin et les jours suivants s’il le faut, annonce le conseiller communal PS Yvan Cardinal. J’ai toujours défendu l’enseignement communal et je continuerai. »
Et le terme « défendre » n’est pas trop fort dans la bouche du militant socialiste. Car pour certains, la défense de la petite école est un véritable combat.
« On commence par fermer la maternelle, s’emporte ce papa, ce qui va obliger les parents à inscrire leurs enfants plus grands dans l’école libre du village. Ou alors, ils trouveront une école communale dans un village éloigné, ce qui n’est pas facile en termes de logistique dans notre zone rurale. Tout ça n’est que politique ! »
« Ça fait un bout de temps que nous sommes confrontés à une désertification du village au profit de la ville, embraie Yvan Cardinal, mais jusqu’à l’an passé, l’école ne manquait pas d’élèves. Il faut tout faire pour la remettre dans la lumière. La majorité n’a pas consenti les efforts nécessaires pour la rendre accueillante. Pourtant, leur devoir est là. Ils ont procédé à des rénovations mais ne les ont pas terminées. Et les murs ont besoin de peinture. C’est clairement la guerre des réseaux. La majorité fait briller le libre alors qu’il n’y a pas de différence de qualité entre les deux puisque les programmes sont imposés par le ministère. »
« Personnellement, je ne vois pas de problème politique là-dedans, lance la directrice en espérant calmer le jeu. Nous avons bonne réputation. »
L’échevine Florence Denamur, elle, remonte aux barricades. « J’ai toujours défendu l’école officielle et en juin, on recherchait déjà des enfants. Quant aux travaux et aux peintures, tout sera fait. Les élèves ont tout leur matériel et ne manquent de rien. L’école ne fermera pas. »







