Toutes les beautés du monde…
A côté de ce Salon d’honneur fraîchement restauré, sous la majestueuse grande verrière, l’organisation de la Nef a été orchestrée par Karl Lagerfeld qui, en quête de l’esprit des galeries marchandes parisiennes de la fin du XIXe siècle, l’a conçue « lèche-vitrines à Paris ». Autour d’une allée centrale qui symbolise les Champs-Elysées, de la Concorde à l’Arc de Triomphe, ce sont, avec l’alternance d’une dizaine de façades différentes, autant de stands comme des boutiques largement ouvertes.
Cent vingt exposants donc, venus de France, de Suisse, de Monaco et d’Italie, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, du Portugal et de Hong Kong, de Hongrie et d’Allemagne, ils mettront en lumière des pièces d’antiquité et des armes, représenteront les arts d’Asie ou d’Afrique, les arts décoratifs et la haute joaillerie, les livres d’art, les tableaux, les dessins… tout l’éventail des chefs-d’œuvre.
Parmi ces exposants, six Belges, et une grande première pour quatre d’entre eux. Habituée de l’événement depuis 1980 et spécialiste reconnue de l’art chinois, Gisèle Croës a choisi d’exposer, entre autres, une paire de bronzes archaïques Fangding de la dynastie des Zhou Occidentaux (1050-771 avant J.C.) et une tête en pierre monumentale de la dynastie Song (960-1279). Autre fidèle depuis 1978, Patrick Berko s’est, bien avant que le XIXe siècle ne soit à la mode, attaché à faire connaître la peinture belge et européenne.
Et les nouveaux venus ? Spécialiste de l’art africain, Bernard de Grunne entend faire de son stand un événement culturel et y faire dialoguer architecture (grâce à la collaboration de l’architecte guinéen David Adjaye), l’art contemporain (avec une sculpture David Hammons) et l’art ancien, avec des masques de danse de la tribu DAN de la Côte d’Ivoire. Art africain toujours, Didier Claes réserve à la Biennale trois ensembles d’objets de très haut niveau dont un ensemble de pièces issues d’une grande collection belge et trois objets rarissimes du Congo.
Amoureux du style Charles X, Jean-François Taziaux – mieux connu sous le label Le Couvent des Ursulines – s’est concentré sur le début de cette période Charles X avec des pièces de marqueterie déclinant exclusivement les bois européens dans les gammes claires. Ce sont des tables à volets, des sièges gondoles, des secrétaires ou petites bibliothèques créées par Lesage, les ébénistes Jeanselme, Werner et Jacob.
Haute joaillerie enfin, Epoque Fine Jewels souhaite mettre en valeur un large choix de bijoux Art déco, un rare pendentif signé Lalique, un « collier de chien » en platine, diamant et turquoises de pur Style Guirlande réalisé par Cartier. Puis, pièce unique, une broche Art déco de Mauboussin en platine, sertie de 15 carats d’émeraudes et de 20 carats de diamants !


