Le Maroc sur scène… et dans la salle ?
Mais, emmené par les Halles, « Daba Maroc » ne risque-t-il pas, lui qui se veut rencontre et ouverture à l’autre, de drainer un public pointu, et de manquer sa cible ? « Je suis extrêmement confiante, réagit Fabienne Verstraeten, directrice du lieu et commissaire de l’événement. Les artistes issus de l’immigration amèneront leur réseau. Et puis les créations choisies font des allers-retours dynamiques entre le Maroc et ici : la fusion va s’opérer. »
« C’est une bonne question que vous posez là, commente Mohamed Ouachen, artiste bien connu de nos scènes. Les Bruxellois d’origine marocaine de ma génération ne connaissent sans doute pas beaucoup de noms de la programmation car, comme moi, leur culture musicale est très peu marocaine. Mais ce qui peut intéresser, c’est la réflexion sur la multitude d’identités. C’est sûr, il se passe quelque chose avec Daba, on expérimente. »
Ben Hamidou est aussi de la partie. Avec son complice Gennaro Pitisci, ils remettent la problématique du public dans un contexte plus large. « Vous savez, les gens issus de l’immigration se sentent rarement chez eux dans les institutions culturelles officielles. C’est normal : tout le monde va plus volontiers voir des spectacles où il peut se reconnaître. »
Leur public, résolument mixte, les deux hommes l’ont construit notamment en donnant des ateliers dans les quartiers populaires. « Pendant le spectacle, parfois, certains rient et d’autres non, ou à d’autres moments. Les uns ne comprennent pas forcément pourquoi les autres rient, mais ce qui compte, c’est qu’ils veulent le savoir. » Et d’enchaîner : « Parfois, un spectateur vient nous trouver avec sa mère et dit : C’est la première fois qu’elle vient au théâtre. C’est magique. » Souhaitons que Daba Maroc soit le théâtre de nombreuses premières fois.







