Tania Nasielski expose les œuvres des artistes qu’elle aime dans son salon. Anne Pollet dans une ancienne charcuterie. Frédéric Collier a, pour sa part, quitté une galerie « classique » pour retrouver « une nouvelle forme d’énergie ». Et Bernard Polet a ouvert Gaggarin, un « espace pluridisciplinaire pour l’art contemporain ». C’est sûr : dans le milieu des arts plastiques comme dans celui du théâtre, les choses bougent. Et les nouveaux lieux qui jaillissent tiennent à une certaine singularité : « Je pense que le succès rencontré par le 105 Besme (son appartement, visité par des centaines de personnes à chaque exposition, NDLR) tient à son atmosphère particulière, sans doute plus chaleureuse qu’une galerie », explique Tania Nasielski. « Ce qui plaît dans La Charcuterie, confirme Anne Pollet, c’est ce mélange des genres, la rencontre entre l’art contemporain et le patrimoine, chargé d’histoire. » « Je situe anyspace à mi-chemin entre la galerie et le « project space », enchaîne Frédéric Collier, le commissaire du lieu. Avec sa vitrine ouverte sur la rue, il permet aux artistes de créer
des projets spécifiques. » Tous voient d’un œil enthousiaste la multiplication de ces lieux atypiques, qui coexistent selon leurs dires sans souci avec le marché classique. « La façon de travailler a beaucoup changé », explique Frédéric Collier. « Plus il y a d’offres, plus grande est l’attention à l’artistique », commente Bernard Polet. « A Saint-Gilles, on se recommande les uns les autres, ajoute Anne Pollet. Les gens ont envie de communiquer. » « Je fais attention à laisser la porte ouverte, poursuit Bernard Polet. Je réalise qu’entrer dans un lieu pour observer, sans payer ni acheter, n’est pas encore entré dans les mœurs. Je tiens à rendre la démarche accessible. » Pour vivre, certains reçoivent quelques (maigres) subsides. La plupart travaillent sur le côté, à temps partiel ou comme indépendant. Mais aucun n’envisage de s’arrêter.
gaggarin.com, anyspace.be, cosmoscosmos.be