Une prison de 312 détenus à Leuze d’ici 2014

Sandra Durieux
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  • La nouvelle prison qui sera construite à Leuze se veut à la fois moderne, fonctionnelle et sûre. Les architectes se sont inspiré des forteresses de Vauban, notamment pour le mur d’enceinte de 6 mètres de haut. © d. R.
    La nouvelle prison qui sera construite à Leuze se veut à la fois moderne, fonctionnelle et sûre. Les architectes se sont inspiré des forteresses de Vauban, notamment pour le mur d’enceinte de 6 mètres de haut. © d. R.

Wallonie-Flandre, 2-1 », sourit Servais Verherstraeten. Le secrétaire d’État à la Régie des Bâtiments (CD&V) ironise sur l’avance prise par la Wallonie dans le dossier de construction des quatre nouvelles prisons du pays. Après Marche-en-Famenne et Beveren, la commune de Leuze a posé ce jeudi, la première pierre du centre pénitentiaire qui s’installera à l’orée du zoning industriel de l’Europe, à l’angle de la N60 et la N7, au pied des éoliennes.

La commune aurait même été la première à se lancer dans l’aventure si des tracas administratifs liés au permis unique n’avaient pas enrayé la belle mécanique. Alors que l’enquête publique n’avait pas relevé la moindre opposition de la population en décembre 2011, le fonctionnaire délégué de la Région wallonne « zélé et pointilleux », selon le bourgmestre Lucien Rawart (MR) refusa le permis. En cause ? Principalement la toiture végétale du bâtiment « jugée dangereuse en cas d’incendie, poursuit Lucien Rawart. Et cela alors que la même toiture sera placée à la prison de Marche-en-Famenne et qu’elle n’a souffert d’aucune objection. Allez comprendre… »

Du passé tout cela, quoique. En plus de la perte de temps, ce refus du permis unique a entraîné aussi une importante perte d’argent pour le gouvernement fédéral. « Des indemnités de plusieurs centaines de milliers d’euro de dédommagement devront être versées », a lancé Servais Verherstraeten qui a estimé que le retard encouru aurait pu être évité par plus de diligence tout en ne précisant pas qui de la commune ou du fonctionnaire délégué, ses propos visaient…

Un loyer de 13,2 millions d’euros par an…

Le permis unique a finalement été délivré le 2 juillet dernier et les travaux de construction ont débuté dans la foulée. « L’établissement pénitentiaire sera fonctionnel et assurera un maximum de garanties en terme de sécurité avec son mur d’enceinte de six mètres de haut, explique Renaud Chevalier de Assar Architects, une des sociétés privées du consortium chargé de financer et de construire le bâtiment qui sera opérationnel pour la mi-2014. Durant 25 ans, la Régie des Bâtiments paiera une indemnité annuelle de 13,2 millions d’euros au consortium avant de devenir propriétaire du bâtiment.

« Un cadre de vie humain et agréable sera créé tant pour le personnel que pour les détenus. Trois matériaux dominent : le béton, le verre et l’acier. » Le poste de contrôle sera installé au cœur de la zone de détention disposée en étoile. Le bâtiment comprendra des ateliers, une cuisine, des salles de sports, un jardin… Les cellules individuelles feront 10m2 et disposeront d’un bureau, d’une douche et d’une toilette. « Le projet comporte de nombreuses mesures durables, non seulement en terme de consommation d’énergie, mais aussi sur le plan des matériaux, du confort, de la consommation d’eau, de la prévention en matière de déchets… », précise encore l’architecte.

La Maison de l’emploi de Leuze a déjà lancé un programme de formation et d’entraînement des demandeurs d’emplois aux examens de recrutement des agents pénitentiaires. 350 emplois directs seront créés à Leuze.