Quand les animaux invitent à explorer la nature humaine
A l’intérieur, le parcours est très différent. De salle en salle, on part à la rencontre d’œuvres d’artistes largement reconnus (Jan Fabre, Tony Oursler, Pascal Bernier, Jean-Michel Othoniel, Isabel Munoz…) ou à découvrir. On fait aussi connaissance avec ce château à la longue histoire où les styles architecturaux se mélangent en harmonie avec le travail des artistes. Ainsi le faon blessé de Pascal Bernier semble surgir d’un conte de fées, qui aurait mal tourné, installé dans une petite pièce du donjon. Les loups de Lionel Sabatté surprennent le visiteur au rez-de-chaussée. Constitués de poussière récupérée dans le métro parisien puis assemblée et sculptée par l’artiste, ils semblent prêts à prendre vie d’un coup de baguette magique. Au mur, le même artiste présente une série de dessins, également faits de poussière, ainsi qu’une étonnante réalisation montrant un papillon chevauché par un personnage réalisé… en rognure d’ongles.
A l’étage, Peter Buggenhout propose lui aussi une impressionnante sculpture faite de poussière industrielle. Mais ce sont les animaux qui se taillent ici la part du lion. Des blaireaux empaillés dévalent une montagne dessinée à même le mur par Delphine Gigoux-Martin, avant d’aller s’écraser sur le mur d’en face. La même artiste présente également de très beaux dessins en noir et blanc inspirés par les oiseaux. Peter Kogler réalise des animaux dessinés par ordinateur, Jean-François Fourtou installe un mouton en papier journal, Jan Fabre se transforme en homme-licorne, Tayo Hauser s’inspire des coquillages pour créer des formes colorées couvrant tout un mur.
La thématique de l’année, « Animal-Nature humaine » habite bon nombre des œuvres sélectionnées par Gustavo Urutty, commissaire de cette exposition explorant également les notions de vie et de mort à travers plusieurs pièces. Si toutes ne sont pas de la même qualité, l’exposition vaut le détour pour cette rencontre souvent étonnante entre un lieu et l’univers d’artistes. A l’instar de Tony Oursler avec son étrange personnage vidéo apparaissant dans la pénombre d’une salle sur laquelle on tombe presque par hasard au cours d’une déambulation menant de découverte en découverte.


