Quand les animaux invitent à explorer la nature humaine

Jean-marie Wynants
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  • Tandis que les loups de Lionel Sabatté semblent prêts à bondir, le malheureux petit faon blessé de Pascal Bernier a trouvé refuge dans une des salles du donjon. © D.R.
    Tandis que les loups de Lionel Sabatté semblent prêts à bondir, le malheureux petit faon blessé de Pascal Bernier a trouvé refuge dans une des salles du donjon. © D.R.

A l’entrée du château de Fernelmont, un long drapé rouge dégringole sur la façade attirant l’œil vers un blason circulaire pour le moins étrange. Œuvre de Charley Case, celui-ci accueille le visiteur au bout d’une longue allée. Sur la droite de celle-ci, le visiteur est invité à passer d’abord par les vastes dépendances du château. Là, Charley Case et Robert Quint ont investi tout l’espace avec leurs œuvres à quatre mains. Installations mais surtout grandes peintures où se mêlent les univers des deux artistes explorant les thèmes de l’holocauste, de l’enfer, du paradis…

A l’intérieur, le parcours est très différent. De salle en salle, on part à la rencontre d’œuvres d’artistes largement reconnus (Jan Fabre, Tony Oursler, Pascal Bernier, Jean-Michel Othoniel, Isabel Munoz…) ou à découvrir. On fait aussi connaissance avec ce château à la longue histoire où les styles architecturaux se mélangent en harmonie avec le travail des artistes. Ainsi le faon blessé de Pascal Bernier semble surgir d’un conte de fées, qui aurait mal tourné, installé dans une petite pièce du donjon. Les loups de Lionel Sabatté surprennent le visiteur au rez-de-chaussée. Constitués de poussière récupérée dans le métro parisien puis assemblée et sculptée par l’artiste, ils semblent prêts à prendre vie d’un coup de baguette magique. Au mur, le même artiste présente une série de dessins, également faits de poussière, ainsi qu’une étonnante réalisation montrant un papillon chevauché par un personnage réalisé… en rognure d’ongles.

Déambulation

et découverte

A l’étage, Peter Buggenhout propose lui aussi une impressionnante sculpture faite de poussière industrielle. Mais ce sont les animaux qui se taillent ici la part du lion. Des blaireaux empaillés dévalent une montagne dessinée à même le mur par Delphine Gigoux-Martin, avant d’aller s’écraser sur le mur d’en face. La même artiste présente également de très beaux dessins en noir et blanc inspirés par les oiseaux. Peter Kogler réalise des animaux dessinés par ordinateur, Jean-François Fourtou installe un mouton en papier journal, Jan Fabre se transforme en homme-licorne, Tayo Hauser s’inspire des coquillages pour créer des formes colorées couvrant tout un mur.

La thématique de l’année, « Animal-Nature humaine » habite bon nombre des œuvres sélectionnées par Gustavo Urutty, commissaire de cette exposition explorant également les notions de vie et de mort à travers plusieurs pièces. Si toutes ne sont pas de la même qualité, l’exposition vaut le détour pour cette rencontre souvent étonnante entre un lieu et l’univers d’artistes. A l’instar de Tony Oursler avec son étrange personnage vidéo apparaissant dans la pénombre d’une salle sur laquelle on tombe presque par hasard au cours d’une déambulation menant de découverte en découverte.

Osez la rencontre !