La vie, la nuit, le bruit, trop tard au lit ?

Jean-philippe De Vogelaere
Mis en ligne

  • Des baptêmes un peu partout ? Le bourgmestre reconnaît qu’aujourd’hui, tous les étudiants veulent aller sur la Grand-Place. Il faudra y réfléchir… © RENÉ BRENY.
    Des baptêmes un peu partout ? Le bourgmestre reconnaît qu’aujourd’hui, tous les étudiants veulent aller sur la Grand-Place. Il faudra y réfléchir… © RENÉ BRENY.

Débat

Le constat de la police d’Ottignies-LLN est sans appel. Elle a, en 2011, été appelée plus de cinq cents fois dans Louvain-la-Neuve pour des faits de tapages nocturnes, entre 22 h et 6 h. Cela représente 77 % des cas sur toute la ville. Et, dans 10 % de cas, cela se termine par une sanction administrative allant de 60 à 250 euros. En cause, la vie nocturne des étudiants. En grande partie du moins puisqu’eux au moins semblent avoir intégré le fait qu’il faut désormais fermer les portes des cercles et régionales à 3 h du matin. Mais le commissaire divisionnaire de pointer surtout la responsabilité de l’UCL sur la surcapacité et la sécurité dans ces lieux, qui ne respectent pas les normes incendie. Faudra-t-il se résoudre à les fermer ?

Ce vendredi, une nouvelle salle d’animations va être ouverte dans l’ancienne poste, place des Sciences. Et la nouvelle équipe de l’AGL (Assemblée générale des étudiants de Louvain) reconnaît que le dialogue refonctionne à nouveau avec la Ville. Même si le Cercle industriel est toujours en recours contre le règlement communal sur les heures de fermeture. Un règlement regretté par Lionel Dricot, du Parti Pirate : « Quand j’étais moi-même étudiant, le problème de bruit était déjà le fait de quelques trublions – et pas seulement d’étudiants – qui criaient à leur retour de guindaille dans des quartiers habités. C’est ceux-là qu’il faut viser ! »

Toujours est-il qu’en concertation avec les quatre collectifs étudiants, l’Association des habitants, les commerçants et la police, la Ville a mis en place une politique de sécurité intégrale et intégrée « Une manière de clarifier ce que l’on peut et ne peut plus faire dans Louvain-la-Neuve, note le bourgmestre Jean-Luc Roland (Écolo). Je me dois cependant de dire que si le problème de bruit est récurrent, il varie selon les années. De plus, les étudiants d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui et n’ont pas les mêmes attentes en matière de guindaille. Cela ne nous empêchera pas, cette année, de mener des actions de sensibilisation au bruit. »

Un avis que partage l’échevin Jacques Benthuys (PS) : « Même si c’est de la compétence du bourgmestre, toutes ces décisions ont été prises en concertation au collège communal. »

Même dans l’opposition, le libéral Jacques Otlet (OLLN 2.0) rappelle que son groupe a voté pour le règlement communal : « Toute vie en société se doit d’être balisée, afin de permettre un vivre ensemble. Et dans ce cadre, l’UCL se devra de prendre ses responsabilités pour assurer les normes incendie. L’ouverture de l’ancienne poste, ce ne sera pas suffisant. Il reste aussi à revoir la manière d’aborder la problématique avec les étudiants. »

Chacun, ici, va de son avis, comme on peut le lire ci-dessous. Pour la liste Avenir, Gilles Hubens, ancien président de l’Association des Habitants, va même jusqu’à demander un nouveau type de gouvernance : « Cela devra aller jusqu’à l’interdiction de transformer des maisons unifamiliales en kots. Déjà à mon époque, j’avais agi avec l’UCL pour faire placer des scellés. » Ce à quoi le bourgmestre réplique que ce problème devrait être moins aigu cette année puisque les inscriptions sont en baisse et que l’UCL construit des kots pour remédier à la pénurie.

Demain Le logement en Brabant wallon