Voici trente ans, c’était l’apocalypse à Léglise

Christian Creer
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Aujourd’hui, cela fait tout juste 30 ans qu’une tornade s’est abattue sur le village de Léglise, le rayant presque totalement de la carte. Ce phénomène météorologique s’était formé du côté de Messempré (France), pour ensuite balayer le camping de Chassepierre et causer des dégâts dans le village d’Azy (Florenville). Les éléments se sont ensuite déchaînés au centre du village de Léglise. Les dégâts furent énormes.

Où que l’on aille en Belgique si on dit que l’on vient de Léglise, on vous répond : « Ah ! oui, le village détruit par la tornade. » Cette tempête a particulièrement marqué les esprits. Notamment par son ampleur. En moins d’une minute, ce 20 septembre 1982, douze maisons de Léglise sont totalement détruites, et les deux tiers du village endommagés.

Marthe Lisoir habite la rue du Pont des Chiens. Elle se souvient bien des premières rafales. « J’étais en train de préparer le souper, il était environ 18 h 30. On a entendu comme un énorme coup de tonnerre qui m’a fait regarder par la fenêtre. J’ai dit à mon mari : “regarde, on voit des oiseaux dans le ciel”. Il me répond : “drôles d’oiseaux”. C’était en fait des débris de maisons et d’arbres. Ensuite, on a vu les sapins de la commune se faire casser comme des fétus de paille puis les toits qui s’envolaient les uns après les autres sous nos yeux exorbités. »

Ce fut le cas notamment chez Monique et Charles Welcher. « Le vent entrait partout. Cela n’a pas duré longtemps mais c’était d’une puissance incroyable. Le toit s’est soulevé et ensuite le calme plat est revenu. C’était stressant. On n’entendait même plus les oiseaux chanter. On se demandait si quelque chose d’autre allait encore arriver », se rappellent-ils.

Pour Marthe aussi, tout a été très vite. « Mon mari a crié de descendre vite à la cave mais on n’a pas eu le temps d’y arriver. À ce moment-là, les carreaux de la cuisine ont volé en éclats. Par le soupirail, on a vu un amas de débris dans la cour, des poutres, des gravats, un matelas jonchait le sol, des pans de toits entiers étaient à terre. Nous sommes sortis. On aurait cru un champ de bataille après un bombardement. » Les secours arrivent alors très vite.

« À peine quelques minutes après, raconte Marthe. La Croix-Rouge nous a demandé si cela allait aller pour la nuit. Malgré les dégâts, on a préféré rester dans notre maison. La Protection civile et les militaires ont commencé à bâcher les maisons dès le premier soir mais il s’est mis à pleuvoir et cela devenait trop dangereux pour eux. Ils ont repris le travail le lendemain matin. »

Très vite, les médias vont diffuser l’annonce de la catastrophe. « À peine trente minutes après, de la famille nous téléphonait pour savoir ce qui s’était passé », dit encore Marthe. Qui avoue avoir toujours peur, dès que le ciel noircit.

Monique et Charles, pour leur part, retiennent « qu’il n’y a pas eu de victime. Si quelque chose doit être retenu, c’est bien cela. »