30 % des Brabançons vivent seuls !
Au conseil provincial, cette évolution sociétale a fait l’objet d’une interpellation du conseiller MR Yves Vander Cruysen : « La situation devient préoccupante car, avec la crise bancaire, ces personnes ont de moins en moins accès à la propriété, les banquiers étant de plus en plus prudents à prêter de l’argent sur “une seule tête”. Quant au marché de la location, il est presque devenu, pour eux, inaccessible, le coût d’un loyer étant le même pour une personne que pour un couple ou une famille. Les revenus sont pourtant tout autres… »
Pour le député provincial Mathieu Michel (MR), il faut distinguer les isolés comme les personnes veuves ou les jeunes qui se lancent dans la vie, et les isolés temporaires comme les personnes divorcées qui vivent une semaine sur deux avec leur(s) enfant(s) et qui, parfois, se remettent en couple six mois après leur divorce : « Le besoin n’est évidemment pas le même pour tous. Pour la première catégorie, la Province a mis en place des primes jeunes – 4.000 par an – et des primes de 3.000 euros pour les personnes qui souhaitent adapter leur logement. Enfin, de manière plus générale, la Province s’est dotée d’une Régie qui a pour l’instant en prévision la construction de 1.200 logements un peu partout sur le Brabant wallon. »
Pour le chef de groupe Écolo sortant, Rémi Crop, « le développement de l’habitat groupé, intergénérationnel, est une bonne voie d’action. On devrait aussi forcer les propriétaires de maisons vides – comme c’est le cas depuis quinze ans devant chez moi – de faire appel à l’Agence immobilière sociale pour gérer ces biens et assurer des rentrées à leur propriétaire. »
Pour la cheffe du groupe PS, Dominique De Troyer, « tout le monde n’a pas la chance de retrouver un conjoint après un décès ou un divorce. De là à accepter une personne étrangère chez soi, il faut des règles nouvelles pour adapter son logement. De même pour revoir les conditions d’attribution des logements sociaux. Trop de personnes occupent des logements de plusieurs chambres, alors que les enfants ont quitté le foyer. Elles devraient pouvoir changer d’habitation. Du moins avant 65 ans, parce qu’après, cela mène au déracinement. »
Quant au chef de groupe CDH, Philippe Matthis, il pense aussi à la possibilité d’accueillir des personnes chez soi, « mais il faut alors revoir les règles d’urbanisme, voire fiscales en cas de cohabitation. Cela dépasse largement les compétences provinciales, mais je pense que c’est le moment idéal pour avoir une réflexion sur ces questions. »
Quoi qu’il en soit, un Réseau brabançon pour le droit au logement vient de se créer. Il demande « un plan global d’urgence, la réaffectation des logements inhabités, la promotion des habitants “kangourou” ou groupés et le respect par toutes les communes de la règle des 10 % de logements publics. »







