Chaises musicales à la députation provinciale
La province de Hainaut compte six députés provinciaux. Ils ne seront plus que cinq au lendemain du 14 octobre. Sans compter que l’assemblée va fondre comme neige au soleil : 56 conseillers contre 84.
Cette cure d’amaigrissement est l’application pure et dure de la réforme de l’institution provinciale. Elle va déboucher sur une redistribution des cartes. De nombreux élus vont perdre le strapontin gagné en 2006.
Il y a six ans, les urnes avaient donné le résultat suivant : 45,2 % pour le PS, 27,3 % pour le MR, 17,8 % pour le CDH et 5,9 % pour Écolo. Depuis lors, socialistes et libéraux disposent d’une confortable majorité de 61 sièges sur 84. Une alliance bientôt reconduite ? Un élu pas né de la dernière pluie témoigne :
« Les deux groupes de la majorité travaillent ensemble sur le budget 2013. C’est un signe… »
Dans l’accord de majorité conclu avec le PS, le MR du Hainaut a obtenu un siège de député provincial et la présidence du conseil. Les titulaires des deux fonctions se représentent : Gérard Moortgat à Soignies et Albert Depret dans la Botte du Hainaut.
Statu quo en perspective ? Pas forcément : le Montois Bernard Beugnies affiche des ambitions décuplées depuis qu’il a renoncé, la mort dans l’âme, à figurer sur la liste communale du MR, alors qu’il est pourtant échevin des Finances sortant.
S’il livre bataille sur le terrain provincial, ce n’est pas pour faire de la figuration. Un poste en vue à la Province serait un joli lot de consolation. Mais pour l’obtenir, il lui faudra cartonner le 14 octobre et obtenir le consensus sur sa personne dans son parti.
Nouveau gouverneur
À la députation provinciale, les socialistes disposent actuellement de cinq sièges. Ils n’en auront plus que quatre en cas de coalition – la majorité absolue est sans doute inaccessible.
Quatre députés sortants sont têtes de liste dans leur fief : Serge Hustache (Hainaut occidental), Annie Taulet (Mons-Borinage), Fabienne Capot (Soignies) et Yves Lardinois (Charleroi).
Affaire entendue pour ces quatre-là ? Pas forcément, comme chez les libéraux…
À Mons-Borinage, Annie Taulet, qui se présente sur le district de Boussu, doit se méfier de la concurrence de Pascal Lafosse, tête de liste sur le district de Mons. Bénéficiant de l’appui d’Elio Di Rupo, le fils de l’ancien bourgmestre de Mons, rêve d’un poste exécutif. Il peut l’obtenir à la Ville ou à la Province. Son résultat sera très attendu le 14 octobre.
Le cinquième député socialiste sortant, le Thudinien Richard Willame, met un terme à sa carrière. Partout ailleurs sans doute, ce retrait réglerait les difficultés liées au jeu de chaises musicales imposé au Hainaut.
Mais les baronnies ont la vie dure. Les socialistes de l’arrondissement de Thuin pourraient bien réclamer leur part du gâteau. Ils ont à leur tête Tommy Leclercq, peu connu du grand public en dehors de son fief de Lobbes, mais ancien chef de cabinet d’Elio Di Rupo à Namur et actuel chef de cabinet adjoint de Paul Furlan.
Tommy Leclercq vise d’abord le maïorat de Lobbes. En cas d’échec, le palais provincial pourrait l’accueillir. Comme député, mais à la place de qui ? Ou au poste de gouverneur bientôt laissé libre par Claude Durieux ? Le départ à la retraite de ce dernier ouvre en effet le jeu.







