L’ex échevin Eyenga dénonce une facture salée

Didier Albin
Mis en ligne

L’enlèvement des 500 tonnes de palettes, emballages et produits périmés qu’abandonnent chaque année les maraîchers de Charleroi sur le domaine public est-il porté à charge de la population ? C’est la question centrale posée par l’ex échevin MR de la Propreté et de l’Environnement Alain Eyenga au conseil communal. A l’origine de sa démarche politique : un litige opposant la Ville à son intercommunale de collecte et de destruction des immondices (ICDI) pour le ramassage et le traitement de 540 tonnes de déchets de marché en 2010.

L’affaire portée devant les tribunaux civils représente un coût d’un peu plus de 114.000 euros. « Elle est la conséquence d’une mesure de réquisition prise par l’ancien bourgmestre Jean-Jacques Viseur en 2008, afin de pallier le déficit de matériel de propreté urbaine », dit Alain Eyenga. A l’époque, deux tiers des camions compacteurs du service communal de Propreté sont en effet en panne. « Pour ne pas laisser des ordures dans les rues et sur les boulevards, le bourgmestre « réquisitionne » un camion compacteur avec son chauffeur auprès de l’ICDI. Mais il ne le fait pas par écrit. L’ordre passe verbalement au directeur de l’intercommunale qui le met en exécution. En l’absence de pièce justificative, le receveur se refusera à payer. » Ce litige et l’objet du marché passé dans la foulée ont donné lieu à un débat passionné au conseil communal. Passionné car il touche à des conflits interpersonnels (NDLR : entre l’ancien bourgmestre Jean-Jacques Viseur et le receveur Eric Wartel, entre Alain Eyenga et le directeur de la division Propreté de la Ville Daniel Harnisfeger). Eyenga se défend d’« avoir voulu régler ses comptes. Je n’ai agi que dans l’intérêt supérieur de mes concitoyens et pour dénoncer une situation qui perdure », dit-il.

Selon lui, « si un règlement communal impose aux ambulants d’évacuer leurs déchets, la solution de collecte mise en œuvre à partir de janvier 2011 est loin de régler le problème. » Cette solution impose aux maraîchers de placer leurs déchets dans des sacs orange de l’ICDI, afin de rencontrer le principe du pollueur payeur. Selon nos informations, ça ne fonctionne pas. En moyenne, l’ICDI ne ramasse qu’une petite trentaine de ces sacs lors de ses tournées. Ce qui est nettement insuffisant à contenir une production d’ordures qui tourne autour de 10 tonnes par semaine. L’échevin MR Cyprien Devilers qui a pris la succession d’Alain Eyenga en février dernier n’a pas manqué de le souligner : « cette critique du système vient de quelqu’un qui n’y a rien changé quand il exerçait la fonction. Eyenga a pourtant eu tout le temps de le faire. Quant au litige entre l’ICDI et la Ville, il a été réglé par le biais d’une convention de dessaisissement. » Devilers insiste sur le fait que « depuis mon arrivée au collège, les dépôts sauvages ont fait systématiquement l’objet de constats et de répression. Ceux des maraîchers comme les autres. »