La justice en a marre de son palais
Ils en ont marre de leur vieux palais de justice. Les magistrats nivellois ainsi que les avocats du barreau aclot en ont ras-le-bol de leurs conditions de travail dans un bâtiment de la fin du 19e siècle qui n’est plus adapté aux besoins d’une justice moderne. « Le barreau a pris l’initiative dans la mesure où les magistrats sont tenus à un devoir de réserve mais pour la première fois dans ce dossier, il y a une unanimité de la magistrature, des avocats mais aussi du politique pour avancer, explique le bâtonnier Christian Dalne. Nous voulons donc relancer ce projet qui a perdu de son élan. » Il s’agit de la construction d’un nouveau bâtiment, annexé au palais de justice de la chaussée de Namur. Les plans et le budget (entre 25 et 30 millions d’euros) sont prêts.
Selon les magistrats, il y a urgence. Christine Panier, présidente du tribunal de première instance, explique : « Notre principal problème est la délocalisation. Entre le tribunal de la jeunesse aux Portes de l’Europe, les pièces à conviction dans le zoning Sud, la rue de Soignies, où seront normalement installées les chambres civiles, et les deux palais, cela nous fait cinq implantations. Cela multiplie les tâches du personnel alors que celui-ci n’est pas extensible. » La limite semble atteinte pour les quelque 130 personnes qui travaillent au palais de justice du centre-ville.
« Nous sommes obligés de mettre trois, quatre ou cinq personnes par bureau, les armoires explosent de tous les côtés, il n’est d’ailleurs pas question d’espérer passer dans certains couloirs avec une civière par exemple, détaille le procureur du Roi, Jean-Claude Elslander. Si un jour, quelqu’un fait un malaise, je ne sais pas comment on va le sortir, sans parler de la salubrité de certains locaux et des toilettes. »
Mais ce qui fâche encore plus les acteurs du monde judiciaire, c’est la sécurité. « Il suffit de voir quand on amène des détenus le matin pour les audiences. Les mesures de sécurité sont inexistantes. N’importe qui peut entrer à peu près n’importe où. Il n’y a que nos juges d’instruction qui sont protégés. Nous n’avons encore jamais eu d’accident mais il ne faut pas trop tirer sur la corde », avertit le procureur.
Deux réunions ont déjà eu lieu au mois de septembre. La ministre de la Justice doit décider début 2013 si Nivelles fera partie de ses priorités budgétaires. « Mais cela fait partie de l’accord de gouvernement », rappelle Me Dalne qui a bon espoir de voir le nouveau palais sortir de terre d’ici à 2015.







