Un enseignement à mettre en valeur

Jean-philippe De Vogelaere
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  • Le métier de cuisinier est l’une des vingt-cinq professions en pénurie en Brabant wallon. Comme d’autres établissements, l’Ipes de Wavre apporte sa pierre à l’édifice de formation. © RENÉ BRENY.
    Le métier de cuisinier est l’une des vingt-cinq professions en pénurie en Brabant wallon. Comme d’autres établissements, l’Ipes de Wavre apporte sa pierre à l’édifice de formation. © RENÉ BRENY.

Personne ne le conteste. L’enseignement dit « qualifiant » est l’élément phare de la politique provinciale. Le budget alloué aux écoles techniques et professionnelles représente d’ailleurs la moitié du budget annuel. Cela vise les plus de 4.500 élèves qui fréquentent le Cepes de Jodoigne, l’ITP de Court-Saint-Etienne, l’Ipes de Wavre, l’Ipet, l’Ipam et l’EPM de Nivelles, et le Cefa de Tubize. Soit une moitié de l’enseignement qualifiant, l’autre moitié étant assurée par l’enseignement libre.

Voilà « une richesse » que toutes les formations confondues qui se présentent au scrutin provincial du 14 octobre veulent non seulement préserver, mais si possible encore améliorer. Avec des accents différents, même si tous reconnaissent qu’il faut contrer l’image négative actuelle de l’enseignement qualifiant, vers lequel sont conduits ceux et celles qui n’arrivent pas à suivre l’enseignement général.

À commencer par Ecolo, qui prône pourtant la suppression des Provinces. « Du moins dans la mesure où les services à la population peuvent être assurés par d’autres niveaux de pouvoir de manière tout aussi qualitatives, précise le Stéphanois Michel Tricot, candidat Écolo. Ce n’est pas possible avec l’enseignement organisé par la Province, qui en a fait son pilier majeur. Le premier problème que nous rencontrons cependant, c’est le système actuel qu’il faut modifier pour permettre aux jeunes d’opter directement pour le qualifiant, suite à un choix mûrement réfléchi. Le second problème réside dans la mise en place de nouveaux types de formations liées à des métiers d’avenir. La Province a fait des propositions, notamment pour les métiers verts, mais la Communauté Wallonie-Bruxelles ne les a pas acceptées. Celle-ci est à la fois juge et partie, puisque c’est elle qui assure le financement des professeurs. »

Des réformes attendues

Ce qui fait dire au Wavrien Stéphane Crusnière, candidat PS, qu’il est temps de réformer l’enseignement, « avec le primaire dévolu aux communes, le secondaire à la Communauté Wallonie-Bruxelles, et le qualifiant aux Provinces. Cela permettrait de clarifier la situation. Et cela permettrait au Brabant wallon de développer des formations en adéquation avec les attentes du monde professionnel ». Une manière de répondre aussi aux métiers en pénurie en Brabant wallon (voir la liste ci-contre).

« Pour l’avenir de nos jeunes, l’enseignement qualifiant se doit d’être de qualité, appuie la Guibertine Christiane Marchal, candidate MR. Je crois beaucoup en la nécessité d’accentuer cette formation avec des stages en entreprise. Une vraie plus-value. C’est, en effet, non seulement la possibilité pour les jeunes d’avoir accès à du matériel de pointe, dont les écoles ne peuvent pas toujours disposer, faute de budget, mais c’est aussi pour les plus motivés la possibilité d’avoir un pied dans une entreprise et de trouver là l’occasion de s’y distinguer et de s’y faire embaucher. »

Des stages dont le nombre est également à accentuer selon le Wavrien Luc D’Hondt, candidat FDF, qui ajoute : « L’apprentissage des langues – même le néerlandais !, mais aussi les langues porteuses comme le chinois – est aussi un must, mais on ne devrait pas oublier l’usage du français. Sur certains curriculum vitae, cela devient une véritable catastrophe ! »

Enfin, l’Orp-Jauchoise Jenifer Clavareau, candidate CDH, fait deux autres propositions : « Il nous semble également utile que les professeurs de l’enseignement qualifiant puissent continuer à exercer un métier indépendant. Ce serait l’occasion pour eux de rester constamment dans le bain, d’être donc toujours à la pointe de leur métier. Et pour les élèves, j’aimerais aussi que le système des bourses puisse être étendu à ceux qui veulent poursuivre leur formation à l’étranger, par exemple chez les compagnons bâtisseurs en France. »