On a ouvert le nouveau J.K. Rowling
Lucie Cauwe a feuilleté la dernière création littéraire de l’auteure d’Harry Potter. Découvrez son humeur. Un livre surprenant, un plan de communication dérangeant.
Les choses interdites donnent toujours envie d’être possédées. Alors, quand une maison d’édition refuse d’envoyer un livre « normal » à la journaliste qui promet de respecter la date qui serait fixée, cette journaliste n’a qu’une envie, se procurer ce livre. Elle l’a fait pour les quatre tomes d’Harry Potter (de 4 à 7), sortis à grand renfort de marketing. Elle l’a fait pour « Une place à prendre », le premier roman pour adultes de la même J.K. Rowling.
D’où vient cet embargo idiot et incompréhensible ? De l’auteur, de son agent, de l’éditeur ? Et pour quelle raison surtout, à part faire monter la demande ?
Dans le cas des Harry Potter, sa créatrice se justifiait en disant qu’elle réservait la primeur de ses nouveaux livres à ses lecteurs enfants. Mais ici ? Les livres des plus grands écrivains du monde arrivent dans les rédactions bien avant leur date de sortie. Pour qu’on puisse les lire et travailler sérieusement. Dans ce cas-ci, on doit se contenter des infos distillées selon un calendrier orchestré. Mendier une couverture, un nombre de pages, un prix… Ce n’est pas sérieux. Ce n’est plus de la littérature, ce n’est plus que du marketing.
Interviewer l’auteur ? Il n’en est pas question. Mais la presse française a quand même obtenu deux places, une pour TF1 et une pour l’hebdomadaire ELLE où elle paraît ce vendredi. Michèle Fitoussi nous raconte sa séance, une heure en compagnie de la Britannique. « Il y avait un luxe de précautions inouï, des contrats à signer. On ne pouvait pas divulguer quel journaliste avait rencontré J.K. Rowling. C’était très frustrant pour moi, qui suis une de ses fans. Je n’ai même pas pu le dire à mes enfants avant jeudi ! » « Une place à prendre », elle l’a lu pour l’interview : « Le livre est surprenant, très noir, c’est une satire sociale avec une intrigue qui n’est pas tout à fait assez accrocheuse pour en faire vraiment un polar. J.K. Rowling soulève le couvercle d’une petite ville de province, mais cela vaut pour tout le pays. Elle a mis quatre ans à écrire ce livre très pessimiste, posant sans cesse la question de la responsabilité. Les femmes s’en sortent un peu mieux que les hommes. C’est un livre qui se laisse lire, un page-turner ». Comme l’étaient déjà les Harry Potter.
Lucie Cauwe







