L'internat, c'est tendance !

Annabelle Duaut
Mis en ligne | mis à jour

Redouté à l'époque de nos parents et grands-parents, l'internat dépoussière son image pour devenir franchement «tendance»!

Idéal pour le suivi de l'étudiant, souvent à taille humaine et moderne, il séduit de plus en plus les élèves comme leurs parents. Très présents en Belgique francophone dans le réseau public de la Communauté française, les internats connaissent actuellement un franc succès : les élèves de tous les âges et niveaux s'arrachent les places.

«  Depuis quelques années, les internats connaissent une forte occupation », confirme Martine Herrezeel, prési-dente de l'AAEO, l'Association des administrateurs de l'enseignement officiel. « En tant que responsable de l'internat de l'athénée royal d'Enghien, je reçois beaucoup de demandes, tout comme mes collègues implantés dans d'autres communes ». Suivi de la scolarité de l'enfant, encadrement et palette d'activités : pour Martine Herrezeel, ce sont les clés du succès de l'internat. « On suit de près les élèves en termes de scolarité, et il y a une grosse demande à ce niveau-là. Les parents qui travaillent n'ont souvent pas le temps de vérifier les devoirs et travaux de leurs enfants le soir et c'est à ce moment-là que nous prenons le relai s».

Avec des internats présents dans l'enseignement fondamental, secon-daire et supérieur, chaque élève peut solliciter un hébergement de ce genre s'il en ressent le besoin. « Il y a plusieurs raisons de vouloir s'inscrire en internat. La distance entre le foyer et l'école peut en être une », poursuit notre interlocutrice. « Il y a aussi les parents qui sont en conflit permanent avec leur enfant et qui, après avoir tout essayé, préfèrent les confier à une autre sorte d'autorité. »

Grégory Cela décrochera en septembre son diplôme en aménagement du territoire. Lui aussi a succombé à la déferlante des internats. « J'ai été inscrit pendant quatre ans à l'IACF de Gembloux. Comme je menais des études en horticulture là-bas mais que je vivais chez mes parents à Anderlecht, la nécessité de vivre à côté de mon lieu de formation s'est vite imposée. Et je ne l'ai pas du tout regretté : j'ai appris à me sociabiliser et à étudier plus facilement. Avec tous les amis que je me suis faits, c'est une partie de ma vie que je n'oublierai jamais ! », argue le jeune homme.

Des prix plus que démocratiques

Avec en moyenne un tarif tournant autour de 200 euros par mois tout compris pour un élève de primaire et un peu plus de 235 euros pour ceux inscrits dans le secondaire et le supérieur, les prix affichés par les internats de la Communauté française défient toute concurrence. « Ces prix varient d'un internat à l'autre mais ils englobent les permanences du matin et du soir, les activités extrascolaires et les repas. Pour les élèves du supérieur, c'est une bonne alternative aux kots qui peuvent parfois revenir très cher ».

Peu coûteux pour le porte-monnaie, l'internat peut aussi être un outil social pour permettre à des jeunes parfois peu aisés de mener des études. « Attention toutefois à certains internats de l'enseignement libre, adossés à une école prestigieuse ou à une branche spécialisée, où l'hébergement peut être très cher, de l'ordre de deux à trois fois plus élevés que ceux appartenant au réseau de la Communauté française ». Tous les établissements ne semblent donc pas logés à la même enseigne en termes de tarifs. Pour ce qui est de la qualité, il en va des internats comme des écoles : on trouve de tout, et ce dans chaque réseau.

Osez la rencontre !