Etudier dans une école prestigieuse
De Harvard au MIT en passant par New York.
“À la hauteur de mes rêves ” Thomas Dermine Master en politiques publiques à Harvard
« Depuis un an, je suis un master en politiques publiques à l'université de Harvard. Après une formation en ingénieur de gestion à Solvay et en sciences politiques à l'ULB, j'ai travaillé pendant deux ans au sein d'une grande société de consultance en stratégie américaine avant qu'ils ne me proposent de financer partiellement ma formation à Harvard. J'ai toujours rêvé de vivre une expérience dans une université américaine mais à plus de 40.000 euros l'année d'étude, il m'aurait été impossible de payer ce cursus sans l'aide de plusieurs fondations. Mon expérience est à la hauteur de mes espérances : mes cours très pratiques me permettent de me confronter aux difficultés concrètes auxquelles font face les décideurs politiques et j'ai eu l'opportunité de mener des recherches appliquées pour des institutions prestigieuses (l'ONU, le ministère des Finances du Rwanda). La vie dans cette grande université américaine est fascinante : j'évolue dans un microcosme où il n'est pas rare de suivre le cours d'un professeur ayant reçu le prix Nobel dans son domaine, d'assister à des séminaires donnés par des personnalités publiques de premier plan ou encore de côtoyer et de faire la fête avec des conseillers politiques d'Obama. Une fois mon master terminé, j'espère avoir l'opportunité de travailler pour le secteur public soit comme conseiller politique soit pour une institution internationale comme la Banque Mondiale, l'OCDE ou la Commission européenne. » A.D.
“ Impossible sans bourse ” Christel Simons, Maîtrise en « Music Business » à la New York University
« Je suis partie à New York en 2005 pour effectuer une maîtrise en « Music Business » à la New York University (NYU), une des deux grandes universités avec Columbia. J'avais fait Solvay, ingénieur de gestion, et je n'avais pas de bagage musical au sens classique du terme, mais je rappais depuis l'âge de 16 ans. J'ai enregistré quelques morceaux et fait quelques concerts. Ma passion était surtout l'écriture et passer des heures en studio à chercher le refrain parfait. En partant à New York, j'ai décidé de me focaliser sur le côté business plus que sur l'aspect créatif de l'industrie. J'avais décidé d'aller à l'étranger, car il n'y avait pas d'opportunité dans l'industrie de la musique en Belgique. J'ai entendu parler des bourses que la Belgian American Educational Foundation octroie pour aller étudier aux Etats-Unis. Vu les frais de scolarité qui s'élèvent à plus de 40.000 dollars par an, sans cette bourse, je n'aurais jamais eu cette opportunité. Avant l'université, j'ai surtout choisi la ville : New York, le centre nerveux de l'industrie de la musique. Mais j'ai choisi NYU car ils sont les pionniers dans le domaine. C'est là qu'a été créé le premier master en music business dans les années 70. Le processus d'admission était assez compliqué. Ce qui a dicté mon choix, c'est la possibilité d'être au milieu de la crème de la crème et l'appui des gens autour de moi. » C.Du.
“ Trente reçus sur mille ” Daan Struyven Chercheur-assistant au MIT, Boston
« Je fais une thèse en économie (sur les institutions macro-financières) depuis septembre 2010 au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston ». Cette université est considérée comme l'une des meilleures du monde dans le domaine des sciences. « Pour décrocher ce poste, j'avais déposé un dossier de candidature en décembre 2009. Tous les ans, environ mille jeunes postulent pour pouvoir démarrer ce type de thèse et une trentaine de candidats sont admis. Lorsque j'ai appris que j'étais reçu, j'ai été agréablement surpris. Jusqu'à il y a peu, je ne pensais pas qu'un « petit Belge » puisse mener une thèse dans un département si prestigieux. » Daan Struyven n'a pas décroché cette place en or par hasard. Durant ses études d'ingénieur de gestion, en Belgique, des journaux comme Le Monde, Le Soir ou De Standaard s'étaient déjà penchés sur ses écrits. « A court terme, cette école m'apprend à réfléchir de manière rigoureuse et créative sur ce qui me passionne : les politiques d'économie publique. A long terme, je souhaiterais combiner recherche, enseignement et participer à la réalisation des politiques économiques publiques en Europe. Tous les jours, je me dis que j'ai une chance inouïe de pouvoir participer à la vie d'un département d'économie où chacun repousse ses limites. Mais la thèse n'est peut-être que le début. Il me reste heureusement des tonnes de choses à apprendre. » A.D.
“ Sur un air de jazz à New York ” Julien Hucq, saxophoniste
Début septembre, Julien Hucq, un saxophoniste carolo de 29 ans, rejoindra le Queens College à New York pour y terminer en 18 mois un parcours académique qui l'a mené du Hainaut à Lausanne, en passant par Bruxelles et Paris.
« J'ai débuté la musique à 8 ans à l'Académie de musique de Châtelineau. J'ai fait ensuite celle de Tamines, où un prof m'a donné le goût des musiques autres que classiques, puis j'ai suivi des cours de jazz donnés par Henri Houben à l'Académie d'Auvelais. A cette époque, j'ai fait ma première expérience de groupe, ‘Johnny Weissmüller from the Jungle', avec mon frère Thomas notamment. Nous avons ensuite créé ‘Rue des Pêcheries' à Bruxelles, un groupe de fusion entre hip-hop et jazz avec lequel nous avons fait de très bons concerts sur de premières grandes scènes. »
Julien Hucq poursuit toutes ses études secondaires classiques au collège Pie X à Châtelet. « Vers 16-17 ans, j'ai choisi de faire de la musique ma profession. J'ai quand même d'abord fait une première année en communication, à l'IHECS, parce que je m'imaginais organisateur de concerts. C'était une expérience très enrichissante, mais j'ai pris conscience que je tournais un peu autour du pot. J'ai alors fait un deal avec mes parents : si je voulais bifurquer, je devais réussir cette première année. Ce que j'ai fait. »
Julien s'inscrit alors au Conservatoire francophone de Bruxelles où, pendant deux ans, il suit des cours avec les frères Houben. « Steve me marquera en tant que musicien, mais aussi en tant que philosophe, au sens antique du terme, toujours à la recherche la vérité et cultivant la sagesse. Grâce à la richesse de son enseignement et de nos discussions, il me permettra d'affirmer mes goûts musicaux et de dessiner les premières ébauches de ma personnalité de musicien. »
Le saxophoniste part ensuite pour Paris où il étudie deux années supplémentaires avant d'obtenir son diplôme de bachelier à Lausanne. « Chaque changement, je rebondis sur des avis ou des conseils qu'on me donne. Pour moi, Paris, c'était un peu l'aventure. La concurrence y est parfois rude et il y a moins de solidarité qu'à Bruxelles, mais sortir un peu de mes habitudes a été une grande stimulation pour moi. Le projet d'aller aux Etats-Unis est un vieux rêve que j'ai pris le temps de mettre en route. J'ai fait une première audition au Queens College, mais je n'ai pas été retenu. Il a fallu attendre cette année, pour que ça marche. C'est assez mystérieux la façon d'être accepté ou non. Cela dépend des quotas de saxophonistes par classes. » En obtenant son master, il se donnera la possibilité d'enseigner. Il aimerait combiner l'enseignement avec des concerts et des enregistrements en studio.
Julien partira donc à New York pour « jouer et travailler avec le plus de bons musiciens possibles, m'entourer de gens exigeants et sérieux (…) et m'affirmer en tant que musicien, compositeur et leader de projets. » Dans un premier temps, il sera hébergé par un ami avec qui il était chef scout. « J'ai de la chance, je camperai sans doute un peu dans son salon en attendant de trouver un logement. »








