CurioCity, village des métiers
Euroskills, vous connaissez ? Ce concours européen des métiers techniques et manuels se déroulera du 4 au 6 octobre en Belgique, sur le circuit de Spa-Francorchamps. Un évènement d'envergure, réunissant plus de 460 participants issus de 23 pays et attirant plus de 40.000 visiteurs.
Mais Euroskills, c'est aussi CurioCity, un village des métiers destiné à permettre aux jeunes de tester concrètement ces boulots souvent méconnus. Une initiative concrète pour revaloriser ces filières en manque de vocations…
Vous aurez besoin de combien de tables ? De combien de chaises ? Pour les branchements, du 220 volts, ça suffira ? » Mercredi 4 juillet. Dans l'une des classes de cours du campus automobile de Spa-Francorchamps, Serge Fraikin s'attarde sur les moindres détails. « N'oubliez pas que les activités proposées devront être courtes et interactives. Il ne faut pas que la moitié de la classe attende pendant que deux ou trois élèves essayent », lance-t-il à l'assemblée. « Mais est-ce qu'il y aura une connexion Internet sur place ? », demande l'une des personnes assises dans la salle. « Et l'éclairage, qu'est-ce qui est prévu ? On doit apporter nos propres lampes ? »
À J-91 du début d'Euroskills, Serge Fraikin a déjà enchaîné quelques réunions de la sorte. Mais celle-ci est un peu particulière : pour la première fois, les écoles et autres organismes qui participeront à « CurioCity » découvrent l'infrastructure qui accueillera le concours. Soit le cœur du circuit de Spa-Francorchamps, dans le pit building, zone bien connue des amateurs de F1.
CurioCity, c'est un peu la face cachée de l'iceberg du concours européen des métiers techniques et manuels Euroskills, qui se déroulera à Spa du 4 au 6 octobre prochain. Car si les caméras et les yeux du public seront rivés sur les 460 jeunes en compétition pour décrocher une médaille dans des filières aussi variées que la restauration, l'électricité, la coiffure ou l'infographie, un autre évènement d'envergure se déroulera simultanément.
Un village des métiers
Cet évènement, c'est donc CurioCity. Un village des métiers créé pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de tester leurs talents dans l'une des nombreuses disciplines représentées. Et l'homme chargé de tout organiser, c'est Serge Fraikin, chef de projet au Forem qui a été « prêté » deux jours par semaine pour mener à bien cette mission, « même si, dans les faits, cela me prend beaucoup plus de temps que cela ! »
CurioCity, c'est plus de 100 animations prévues et, à l'heure d'écrire ces lignes, plus de 12.000 élèves inscrits pour y participer. « Euroskills, c'est le concours et le village. L'un ne va pas sans l'autre, glisse l'organisateur. La compétition, c'est pour montrer que les métiers techniques et manuels relèvent de l'excellence. Le village, c'est pour permettre aux jeunes de tester ces métiers. » Voire de susciter des vocations ou, à tout le moins, de permettre aux élèves de savoir ce qu'ils ne veulent pas faire.
Lorsqu'il a été contacté pour y participer, William Colemonts n'a pas hésité. Ce professeur de mécanique automobile proposera avec ses étudiants de l'Athénée Royal d'Ouffet un exercice de diagnostic de panne. « Une manière de montrer que le secteur automobile a fortement évolué et qu'un technicien aujourd'hui n'est plus rempli de cambouis, mais que les ateliers sont devenus aussi propres que des laboratoires ! »
« C'est un moyen de combattre les préjugés, ajoute Valentin Damman, chargé de communication à l'Espace Formation PME de Bruxelles, qui sera également présent au village. Pour nous, ce sera aussi une façon de faire connaître concrètement ce qu'est la formation en alternance. Il ne faut pas oublier que le chocolatier Pierre Marcolini, par exemple, est un ancien de chez nous ! »
Des jeunes qui apprennent aux jeunes
Entre volonté de revaloriser les filières techniques et professionnelles et le désir de s'offrir par la même occasion un coup de pub, les écoles participantes y trouvent leur compte. « Mais attention, prévient Serge Fraikin. Il ne s'agit ni d'un salon SIEP (salon des études, formations et professions, NDLR), ni d'un Batibouw ! Il ne faut pas perdre de vue le principe de base : des jeunes qui apprennent aux jeunes. »
Et si possible, aussi aux parents. Car c'est aussi d'eux que dépendra (ou non) la décision de s'engager dans une filière d'étude « professionnalisante ». « Leur regard sur ces métiers compte beaucoup, estime l'organisateur. Et je sais de quoi je parle : j'ai longtemps fait partie de ceux qui croyaient dur comme fer que les enfants devaient absolument faire leurs 6 années de générale. Mais depuis, je me suis soigné. Et quand je vois que mon fils, qui exerce un job manuel, est le plus heureux du monde, je me dis que j'ai eu raison de changer d'avis ! »



