Rentrée: les bonnes raisons de s'obliger à aller aux cours

Marie-Eve Rebts
Mis en ligne

Dans l'enseignement supérieur, les tentations de sécher sont nombreuses. Mais au bout du compte, le décrochage n'est jamais loin. Voici quelques bonnes raisons de s'accrocher pour se forcer à aller aux cours.

Quel étudiant n'est pas tenté de faire l'impasse sur quelques cours ? « Le prof est chiant », « c'est inutile, je ne comprends rien, je suis largué », « le cours a lieu trop tard » – ou « trop tôt » –, « je suis rentré tard, je préfère dormir ce matin », « j'ai pas de voiture », « j'ai loupé mon train », « j'ai trop de boulot », « j'ai mon sport »… Les excuses sont nombreuses, mais cachent parfois un mal plus profond.

« Un jeune qui ne va pas aux cours le fait souvent car il est convaincu que c'est la meilleure chose à faire, qu'il n'y a pas d'autre solution », constate Gaëtan Gabriel, coach scolaire. « Lorsqu'on effectue un travail plus profond, on se rend compte qu'en fuyant l'école, le jeune cherche à satisfaire l'un des cinq besoins fondamentaux : la survie (physique ou psychologique), le pouvoir (« je suis le meilleur dans un domaine »), la liberté, la reconnaissance ou le plaisir.

Un élève qui n'éprouve pas de problème avec ses notes ni avec les autres, mais dit avoir « la paresse » d'aller aux cours peut donc tout simplement être en recherche d'un peu de plaisir, d'amusement… »

Peu importe la cause, il n'est pas toujours facile pour les jeunes de se remotiver à aller aux cours une fois qu'ils ont plus ou moins décroché.

Et puisqu'ils ne peuvent pas changer les éléments extérieurs qu'ils tiennent pour responsables de leurs problèmes, Gaëtan Gabriel aiguille les jeunes pour qu'ils trouvent des solutions en eux-mêmes. Voici quelques tuyaux «antibrosse» à destination des étudiants comme des parents.

Pimenter l'apprentissage

L'étude peut être rébarbative – surtout quand les syllabus sont volumineux – mais c'est pourtant une condition nécessaire pour réussir. Beaucoup de jeunes décrochent car ils sont en échec aux examens, c'est pourquoi Gaëtan Gabriel conseille aux étudiants de « mettre du plaisir dans l'apprentissage ». On peut en effet étudier en mimant, en dessinant, en chantant… Ces méthodes rendent les choses plus agréables et peuvent faciliter la compréhension de la matière, rendant les cours d'autant plus intéressants à suivre qu'on n'est plus largué… Il peut aussi être stimulant et bénéfique de travailler en groupe : chacun apprend une partie de la matière, et la transmet ensuite aux autres.

S'organiser

Certains jeunes lâchent les cours car ils se sentent débordés par la dose de travail, surtout en période de blocus. A ceux-là, le coach conseille de diviser l'ascension de la montagne en plusieurs étapes. « Il faut se fixer des objectifs chiffrés : ‘ce soir, j'étudie de telle heure à telle heure, et je termine ce chapitre'. Pour les étudiants qui ne savent travailler qu'à la dernière minute, le planning peut ne pas être respecté, mais il aura au moins permis au jeune de se rendre compte de la quantité de travail.

Mettre le négatif de côté

Les étudiants pour qui « rien ne va », qui ont des problèmes relationnels avec les autres, sont parmi les plus enclins à fuir l'école. Pour gagner en confiance, Gaëtan Gabriel leur conseille de se réserver une demi-heure (le soir) durant laquelle ils peuvent laisser libre cours à leurs pensées négatives, voire les exprimer. « Le reste de la journée, le jeune doit les chasser. Ainsi, si le matin il ne veut pas sortir du lit pour aller aux cours, il doit immédiatement avoir le réflexe de se dire : ‘je garde mes mauvaises pensées pour ce soir'. En cas de coup dur, de longues inspirations et expirations de cinq secondes, ou encore de petites séances de relaxation peuvent aussi permettre de repartir à zéro dans sa journée.

Se lancer des défis

Il ne tient qu'à l'élève d'agrémenter lui-même sa journée. Un petit jeu simple à mettre en place consiste à établir une liste de défis (participer aux cours, parler à quelqu'un en particulier…) et à en piocher un chaque matin. Une fois réalisé, le défi peut être classé dans une boîte « réussite » qui permet de visualiser ses accomplissements. « Le jeune ne doit toutefois pas risquer de se mettre en échec : si un matin il se sent incapable de réaliser le défi qu'il a pioché, il peut en choisir un autre. » Autre « jeu » simple à mettre en place : se remémorer chaque soir une action positive qui a eu lieu dans la journée. Il peut s'agir d'un sourire, d'un coup de main…

Un environnement sain

La santé de l'étudiant peut éventuellement favoriser l'absentéisme. Il convient de veiller que le jeune ne manque pas de vitamines, de sommeil, ne se drogue pas, ne rencontre pas de problèmes visuels… Les loisirs font également partie d'un environnement sain, à condition qu'ils restent mesurés. « Certains clubs de sport obligent les jeunes à être présents à l'entraînement cinq fois par semaine, même en période d'examens », remarque Gaëtan Gabriel. « A ce moment-là, le sport peut devenir une pression. Il ne répond plus au besoin de plaisir, mais devient un problème. » La pratique d'une activité est toutefois nécessaire à l'équilibre ; il est donc inutile de « priver » un jeune de son loisir, mais il peut être judicieux de limiter sa pratique.

Lâcher la pression

Un encadrement trop présent peut étouffer le jeune. Gaëtan Gabriel estime qu'il n'est pas nécessaire de faire des mises au point tous les jours à propos de l'école, des problèmes personnels, etc. « Une fois par semaine est suffisante, et les parents doivent veiller à écouter le jeune, sans porter de jugement de valeur ni de morale. Et si l'étudiant s'engage à faire des efforts, il doit les quantifier : combien de sorties en moins, combien de travail en plus, etc. »

Osez la rencontre !