Apprendre les maths en cuisinant
Pendant trois ans dans la pro-vince du Hainaut, au cours d'une recherche menée par l'UMons, six écoles provinciales ont expérimenté « l'approche orientante », un concept venu du Québec et visant à mobiliser et développer les compétences du jeune pour l'aider dans le choix de sa filière de formation. Au centre de cette approche : la collaboration de tous les partenaires impliqués dans l'environnement éducatif, à savoir les élèves, les enseignants, la famille et les centres PMS.
coaching « L'approche orientante, c'est du bons sens, note Vincent Deghilage, directeur du Lycée provincial d'enseignement technique à Saint-Ghislain. Elle vise à favoriser une meilleure connaissance de soi chez l'élève. Elle s'appuie sur l'estime de soi et tente de faire prendre conscience de sa valeur propre et de la nécessité de prendre son avenir en main. C'est vraiment un coaching. »
Cette approche, née au Québec en 2001, place le choix professionnel au cœur des apprentissages de l'élève. Elle lui permet de faire des liens entre ce qu'il apprend et son avenir, entre les matières enseignées et le monde du travail. Elle utilise les professions comme éléments de contextualisation des apprentissages.
« La cuisine moléculaire, par exemple, c'est des sciences appliquées, explique Laurie Arlon, profes-seur de français, de morale et de méthode de travail. Les cours, leurs contenus ne changent pas fondamentalement, mais les professeurs d'art, d'alimentaire et d'informatique sont mis au service des cours de sciences, de français et de math. L'idée est de faire du renforcement des maths et du français aussi pendant les cours de cuisine, quand ils font de la mousse au chocolat en calculant les proportions des ingrédients ou qu'ils découpent des tartes. » De nombreuses sorties et animations mettront les élèves en contact avec la panoplie de métiers qui s'offrent à eux.
Journal de bord
Un des outils d'orientation est le portfolio, sorte de journal de bord dans lequel chaque élève stockera ses travaux, les appréciations des enseignants, des autoévaluations de ses méthodes de travail… Cet outil lui permettra de devenir acteur de son apprentissage et d'avoir un regard critique sur celui-ci, afin de prendre conscience de son développement scolaire. De cette façon, il pourra se projeter plus facilement dans l'avenir et faire des choix qui guideront sa vie future.
Le centre PMS, qui propose des animations pour amener les élèves à réfléchir à leurs aptitudes, et les parents invités occasionnellement dans les classes à parler de leur métier ou de leurs passions sont également des acteurs importants de l'approche orientante. « Souvent, il y a une espèce de cassure entre l'enseignement primaire et le secondaire et les parents passent moins la porte de l'école. Au Lycée, nous tentons de les réinvestir dans ce que l'école secondaire leur avait un peu confisqué, confie Laurie Arlon. Au début de l'année scolaire, nous les invitons à un petit-déjeuner parents-enfants pour leur dire qu'on a besoin d'eux. Sans les parents, l'approche orientante se casse la figure. »








