Choisir ses études en fonction de l'emploi ?

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Si les vacances battent leur plein pour certains étudiants, d'autres restent préoccupés par la filière à emprunter en septembre prochain. Quelle voie choisir à l'université ou en école supérieure ? Le choix est parfois cornélien, d'autant que certaines filières sont réputées plus que d'autres pour déboucher sur un emploi. On ne le répètera jamais assez : le diplôme miracle n'existe pas. Voici toutefois quelques indications concernant des voies qui ne connaissent pas la crise. Ou presque.

Orientation Ingénieur, pharmacien, vétérinaire, informaticien… autant de filières universitaires qui brassent chaque année de plus en plus d'étudiants en Belgique. Et pour cause : en septembre 2011, l'UCL constatait une hausse des inscriptions en sciences de l'ingénieur (spécialité gestion, civile ou agronomie toutes confondues), en sciences de la santé ainsi que dans les professions de médecin, dentiste et vétérinaire. Des cursus à tendance scientifique où le profil des étudiants est parfois très recherché par les recruteurs.

« Certaines promotions bien spécifiques comme ingénieur ne viennent que très rarement s'inscrire dans des organismes de recherche d'emploi car leurs membres sont embauchés avant la fin de leurs études », explique Charlotte Thomas, responsable presse et communication au Forem. Pour ceux, peu nombreux qui se sont inscrits comme demandeurs d'emploi, leur embauche se révèle plutôt rapide, comme l'atteste un document produit par le Forem en septembre 2011. Les jeunes en recherche d'emploi qui se sont le plus vite insérés sur le marché du travail possédaient des diplômes d'ingénieur, d'éducation physique, d'informatique, de mathématiques/statistiques et de pharmacie. Des résultats déjà observés au sein de la promotion précédente.

Secteurs en pénurie

Etre diplômé de l'enseignement supérieur ou universitaire peut donc se révéler un sérieux atout pour démarrer dans le monde du travail. Encore plus si l'on possède un bagage dans un secteur en pénurie, comme celui de la santé, de l'enseignement ou de la restauration. Des secteurs où l'on constate, d'année en année, une pénurie de profils bien particuliers.

« Les infirmiers et ergothérapeutes sont très souvent recherchés par les employeurs car les candidats manquent à l'appel en permanence. De leur côté, les enseignants et employés de l'Horeca sont également convoités dans des secteurs où le renouvellement du personnel est très important », note Jean-François Marchal, analyste du marché de l'emploi. Conseiller en orientation à l'ULG, Pierre Colpin constate de son côté que, depuis plusieurs années, les ingénieurs, toutes spécialités confondues, manquent à l'appel.

 

«  Il est clair qu'il y a un manque conséquent d'ingénieurs dans toute l'Europe », avance notre interlocuteur. « D'où le fait que, à la fin de leur cursus, les étudiants reçoivent souvent 3-4 offres d'embauches, grâce à des stages ou des mémoires qui ont été menés en entreprise. Beaucoup de nouveaux secteurs s'ouvrent aux ingénieurs, comme la biomédicale. Mais les inscriptions y sont encore trop inférieures par rapport à la demande du marché de l'emploi ».

D'après Christian Deglain, manager à la Job Academy et au pôle Outplacement de Daoust, décrocher un travail ne dépend pas seulement du diplôme qu'on a en poche. Il faut aussi rassembler des compétences que tout le monde ne détient pas. « En Belgique, là où le bât blesse chez les diplômés ou jeunes demandeurs d'emploi, c'est souvent du côté des langues vivantes ou de l'informatique. Etre apte dans un ou dans ces deux domaines est donc une clé importante pour trouver un emploi, en plus d'un diplôme universitaire, car ce n'est pas nécessairement le diplôme du candidat qui permet de déboucher sur un recrutement. La nature du job auquel on postule et le profil du candidat entrent également en ligne de compte. D'ailleurs, le Forem ne dit-il pas suffisamment souvent que la Wallonie manque de gens qualifiés ? »

« Pas de filières prêtes à l'emploi ! »

Si décrocher un travail n'est donc pas seulement une question de diplôme mais aussi de personnalité et de qualifications personnelles, l'orientation, elle, doit reposer principalement sur le goût pour une profession qu'on se verrait exercer à l'avenir. « Il faut arrêter de parler de filières qui mènent ou pas à l'emploi et ne pas perdre de vue la passion que suscite en nous un métier », explique Philippe Fonck, conseiller d'orientation à l'UCL. « La motivation, la capacité à s'investir et à se projeter ne seront pas les mêmes selon que l'on choisit une profession par sécurité ou par engouement ».

Un point de vue largement partagé par Magali Thonon, psychologue et conseillère en orientation à l'université de Liège. « On a très peu d'étudiants qui arrivent chez nous en disant “ je veux trouver un métier où je suis sûr d'être embauché illico après mon diplôme ”, nous explique-t-elle. « A l'inverse, la grande majorité des personnes que l'on reçoit veulent un métier où ils se sentent épanouis, qui les stimulent et qui les boostent jour après jour. Evidemment, la question de l'emploi à la sortie des études est un critère qui interpelle voire qui inquiète les universitaires, mais ce n'est pas elle qui prime. Nous tâchons également d'avertir les étudiants des éventuels débouchés d'une filière, par devoir de clarté, même si le marché de l'emploi peut être très différent lorsqu'ils sortiront trois ou cinq ans plus tard. Si la personne constate que sa voie est trop bouchée, elle reverra éventuellement un peu son choix de carrière, mais elle restera généralement dans le même secteur professionnel ».

 

N'empêche  : les filières des sciences humaines sont-elles devenues le parent pauvre de l'accès à l'emploi ? Pas de panique ! Selon Magali Thonon, elles permettent de s'insérer aussi bien que leurs homologues scientifiques et techniques sur le marché de l'emploi. « Les romanistes, sociologues, historiens ou anthropologues ont reçu une bonne formation générale et conviennent pour de nombreux postes dans le secteur public ou privé. De par leurs capacités d'analyse, de synthèse et de rédaction, ils peuvent prétendre à de nombreux postes dans des domaines insoupçonnés et très variés comme la grande distribution ou le développement durable. Encore faut-il qu'ils en soient conscients ! »

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