Patrick Ridremont, le condamné à mort christique

Fabienne Bradfer
Mis en ligne | mis à jour

Avec « Dead man talking », son premier long-métrage, Patrick Ridremont est en train de naître au cinéma. Entretien.

  • Patrick Ridremont. Photo Thierry du Bois.
    Patrick Ridremont. Photo Thierry du Bois.
  • <p><span id="article_t-20121003-0247YE" class="article"><span class="legende">Le condamné à mort (Patrick <span class="found">Ridremont</span>) face à l’homme de Dieu (feu Christian Marin) : une dernière confession est possible… Elle sera longue et tournera au spectacle. Photo D.R.</span></span></p>

    Le condamné à mort (Patrick Ridremont) face à l’homme de Dieu (feu Christian Marin) : une dernière confession est possible… Elle sera longue et tournera au spectacle. Photo D.R.

  • Virginie Efira. Photo D.R.
    Virginie Efira. Photo D.R.

Un condamné à mort exprime sa dernière volonté : se raconter. Alors qu’il est à l’ombre, sa parole le fait rentrer dans la lumière et exister.

« Dead man talking » vient d’une envie de cinéma ?

Je fais du consommable rapide : sketches, pub télé, impro… Le cinéma, je n’osais en rêver car ce n’est pas mon métier. Mais je suis un gros consommateur de cinoche. J’avais écrit une histoire pour le plaisir sous forme de court-métrage. Des années plus tard, quelqu’un l’a lue et a trouvé que ça pouvait faire un long. Pour le plaisir, j’ai développé ça : cet homme qui se raconte durant trente jours et se donne ainsi un bout de vie. Avec une dimension christique car à la base, j’ai 33 ans, l’âge du Christ, quand je l’écris. Je préférais une histoire sans GSM mais avec du divin et de la foi. A un moment, des gens font confiance, mettent de l’argent et vous responsabilisent. C’est seulement quand j’ai vu le décor de la prison dans un studio au Luxembourg que j’ai su que je ne pouvais plus reculer. Ce film donne un sens à beaucoup de choses que j’ai faites dans un métier qui paraît très superficiel.

Ridremont rime avec humour. Vous allez désarçonner avec votre fable carcérale ?

J’aime les films qui réinventent le temps et le lieu. Si j’avais eu envie d’écrire une pure comédie, je l’aurais fait bien plus tôt. A un moment donné, il y a l’envie de raconter quelque chose de plus personnel : la valeur d’une vie par exemple. C’est « Dead man talking ». Je me pose un tas de questions existentielles en faisant ce métier. Etre comédien ne me soigne d’aucune maladie mais je suis ma raison d’être, mon fonds de commerce. Jouer, écrire me rassure. Avec « Dead man talking », j’espère rentrer dans une seconde partie de mon existence, liée à la réalisation. Pour l’instant, je suis en plein baby blues. Beaucoup de choses me semblent vaines. J’ai eu l’argent et le casting que je voulais. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises périodes de sortie. Arrêtons avec ça. Il suffit d’avoir envie. Je rêve de raconter des histoires mais aussi qu’on me propose de chouettes rôles. Personne ne m’a jamais contacté pour jouer dans un film belge !

Votre film a une cohérence artistique forte. Quelle en fut la ligne directrice ?

La ligne claire. Des codes que les enfants de 7 à 77 ans puissent comprendre. Un curé porte la soutane. Un taulard a une marinière à la Dalton. S’il a une salopette orange, l’enfant croit qu’il est électricien. A force d’aller dans ce côté graphique, on arrive dans quelque chose d’un peu désuet qui impose sa cohérence. Cela m’a échappé et c’est jouissif.

Vos réactions

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3. ericM dit le 03/10/2012, 20:56

Voyons le positif, on va ptet moins l'entendre dans ses pubs radio parce que trop, c'est trop.

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2. ledroit20 dit le 03/10/2012, 20:44

@ Sawadi : totalement d'accord avec vous. Je n'irai donc pas voir non plus. C'est ce qu'on appelle de la consommation intelligente.

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1. -Sawadi- dit le 03/10/2012, 11:19

Le principe du scénario semble inspiré de Shéhérazade. De toute façon, aucune envie d'aller voir le film de quelqu'un qui dit "faire du consommable" et être "consommateur" de cinoche.

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