Joëlle Pourbaix accusée d’avoir frappé sa mère

Frédéric Delepierre
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Une affaire de violence intrafamialiale mais qui concerne une personnalité publique. Une victime qui, gênée, veut retirer sa plainte. Faut-il, oui ou non, parler de ces choses ?

  • Joëlle Pourbaix : des problèmes privés qui débordent sur la vie publique. © b.
    Joëlle Pourbaix : des problèmes privés qui débordent sur la vie publique. © b.

C’était terrible ! On aurait dit quelqu’un qui était habitué aux bagarres de rue. Elle était morte saoule. Elle a frappé notre mère de 76 ans. Elle l’a ensuite projetée au sol et a continué à la rouer de coups de pieds. C’était inouï. »

En ce mardi matin, Etienne Pourbaix est encore sous le choc de la scène qu’il a vécue dimanche soir chez sa maman. Une scène qui a vu sa sœur Joëlle – présidente de la société de logements sociaux montoise Toit et Moi et 16e candidate sur la liste PS aux prochaines élections communales – s’en prendre de manière très violente à sa propre mère.

« Elle se chamaille tout le temps avec tout le monde, poursuit le frère. Cette fois-ci, elle a commencé à affirmer à ma mère que notre sœur cadette, Laurence – candidate aux communales sur la liste CDH –, n’était pas de notre père. C’est vraiment n’importe quoi. Puis les coups ont été assénés à notre mère. » Les bleus et contusions ont été constatés par un médecin du CHU Ambroise Paré. « Ma mère a ensuite déposé plainte contre Joëlle auprès de la police pour coups et blessures. »

Contactée, Joëlle Pourbaix affirme juste qu’il « s’agit d’incidents récurrents qui doivent rester dans la sphère familiale. » Au parquet de Mons, le 1er substitut Francq déclare qu’il est trop tôt pour qu’il puisse prendre connaissance de la plainte. Une plainte que la septuagénaire a retirée mardi soir « parce qu’on n’étale pas ces choses-là sur la place publique ».

« Des faits d’une telle violence sont déjà graves normalement. Je suis bien conscient que normalement, cela doit rester dans la sphère privée mais si je me permets d’en parler, c’est parce que je trouve que dans le chef d’une mandataire publique, c’est encore plus grave », ajoute le frère. Alors quid de la Ville de Mons ? Y est-on au courant des faits ? Des sanctions vont-elles être prises à l’encontre de la candidate ? Un peu partout, on trouve les événements « déplorables », voire « gênants ». La réaction officielle est, par contre, plus neutre. « Il s’agit d’une affaire privée qui est à présent dans les mains de la justice. On ne fera donc aucun commentaire. »

Plainte classée sans suite

Les listes sont déposées, officialisées. Impossible donc de faire machine arrière. Pas de sanctions, vraiment ? No comment.

Quelque peu désespéré, Etienne Pourbaix vole un peu au secours de sa sœur. « C’est un problème de comportement dont elle souffre. Ça relève de la psychiatrie. Ce matin, elle m’a envoyé un message dans lequel elle disait s’être excusée auprès de notre mère. Et dans un mail, elle me menace de porter plainte contre moi pour coups et blessures. Or, je n’ai fait que protéger maman. De toute façon, je sais qu’en parlant à la presse, elle va m’attaquer en se victimisant. »

En juin dernier, Le Soir révélait l’existence d’une autre plainte pour coups et blessures déposée contre Joëlle Pourbaix par une dame. « Il y a aussi la plainte déposée par deux policiers montois en 2009, embraie le frère. Elle a été classée sans suite. Il faut dire que ma sœur est membre du conseil de police… Je serais étonné que le PS lui confie encore des responsabilités après cette fois-ci. »