La Province face aux flots déferlants
La majorité turquoise estime avoir bien travaillé pour aider les communes. Une vision que ne partage pas l’opposition, qui prend en défaut son rôle mobilisateur en la matière.
L’actualité de ce jeudi matin démontre qu’une lutte contre les inondations est plus que nécessaire en Brabant wallon. Après les 56 litres d’eau de pluie tombées par m2 du côté de Tubize, la Senne a vu son débit grimper en une nuit de 0,4 à 12 m3 cube par seconde, avec les conséquences que l’on sait (voir ci-dessous). Des images que tout le monde voudrait voir disparaître.
« On n’a jamais travaillé sur cette problématique autant qu’en 2011, soulignent les députés provinciaux Pierre Boucher (MR) et Alain Trussart (Écolo). Notre souci a été de mettre la Province à la disposition des communes, en envoyant du personnel et en finançant des coûts comme l’évacuation des déchets. Et nous avons aussi commandé, pour 250.000 euros, une nouvelle étude hydrologique à l’UCL afin de déterminer les nouveaux points noirs. »
Les montants réservés aux curages des cours d’eau (788 km en Brabant wallon, dont 372 km provinciaux) ont également été pratiquement doublés à 500.000 euros, tandis qu’ont été décidés des investissements pour réaliser trois zones d’immersion temporaire dans l’ouest du Brabant wallon, au Paradis, à Steenkerque et aux étangs de Cœurq. De quoi capter plus de 500.000 m3 d’eau pour éviter que des villages entiers ne soient inondés. Il en a été de même avec le rehaussement des berges du lac de Louvain-la-Neuve.
D’autres projets de ce type sont lancés à Jodoigne Orp-Jauche, Tubize, Court-Saint-Étienne ou Wavre, tandis que d’autres encore ont été retardés à cause de propriétaires fonciers qui souhaitaient être mieux indemnisés en cas d’expropriation.
Alain Trussart y voit la nécessité de trouver une autre formule, « celle de la location à long terme de terres, inondables en cas de besoin : nous l’avons testé avec succès à Beauvechain, tandis que nous la prévoyons à présent du côté de Cortil. C’est, je pense, une solution d’avenir. »
Du côté de l’opposition, le socialiste Olivier Parvais estime cependant que la majorité n’a bougé qu’après avoir été harcelée, « douze fois par mes soins », sur la question : « La Province est trop longtemps restée à quai pour intervenir et aurait dû mieux jouer son rôle de lien entre la Région wallonne et les communes. Et il serait temps d’ailleurs que les provinces arrêtent de s’occuper des cours d’eau. On va d’ailleurs voir la disparition de la fonction de commissaire voyer. Il n’y aura plus personne sur le terrain. Cela éviterait aussi de lancer des études hydrologiques qui ont déjà été faites par ailleurs, notamment par le Contrat de rivière de la Senne. »
Et Alain Trussart, par ailleurs président du Contrat de rivière de la Dyle et de la Gette, de lui rétorquer qu’il « ne se plaint pas, en tant que président du Contrat de rivière de la Senne, d’avoir vu ses moyens augmenter grâce à nous. La Jeune Province a ainsi une vraie place à jouer entre la Région et les communes. Et elle la joue, cette place. Et du monde, il y en a sur le terrain, avec toutes les actions contre les incivilités (dépôts de jardin, ouvrages dégradés…) qui sont menées. »
Un « rôle catalyseur, voire mobilisateur » jugé encore « trop faible » par Philippe Matthis, pour le CDH, qui estime qu’il est temps pour la Province de lancer « un plan général anti-inondations. Sans oublier le quotidien. Je pense à une intensification du curage des cours d’eau qui relèvent de son ressort. »
Enfin, du côté des FDF, qui n’ont pas participé aux débats provinciaux, Patrice Horn, son président, estime qu’il est temps d’appliquer « les principes de participation et de culture de solidarité. Cela commence par interdire toute nouvelle construction en zone inondable, comme à l’avenue Soyer à La Hulpe. Il faut aussi créer des zones tampons et des places en bandes herbeuses pour intercepter et filtrer les écoulements d’eau. Enfin, il faut lutter contre l’envasement des rues et des cours d’eau. »


