Les citoyens peuvent aussi prendre le pouvoir
En se mobilisant, ils peuvent parfois infléchir la position d’un collège. A Thuin, ils se sont mobilisés pour stabiliser la chapelle des Soeurs grises. Mais la décision finale appartient aux élus.
Lors des élections communales, les citoyens choisissent les hommes et les femmes qui les représenteront à la commune, qui prendront les décisions en leur nom mais à leur place. Sauf que tout n’est pas aussi figé. Il arrive que le mécanisme déraille et que les choix des élus ne correspondent pas forcément à celui de la population ou du moins d’une partie de celle-ci. Des citoyens se révoltent parfois et décident de s’unir pour faire entendre leur voix.
Ce fut le cas à Thuin, il y a un an. La chapelle des Sœurs grises, trésor du patrimoine wallon montre de sérieux signes de vieillesse et devient même un danger pour la sécurité des personnes qui circulent tout autour. La commune, propriétaire du bâtiment depuis 1997, n’a pas les moyens de lancer une rénovation en profondeur du bâtiment. Les élus prennent alors la décision de déconstruire une grande partie de l’édifice et notamment la toiture. « Autrement dit, il n’aurait subsisté que les quatre murs », assure Nicolas Mairy. Ce dernier, avec un ami François Joye, décide en octobre 2011 de lancer un collectif citoyen « pour la sauvegarde, la rénovation et la réaffectation de la chapelle ». « Nous avons très vite obtenu de la commune que l’on procède à une stabilisation de l’édifice plutôt que sa démolition partielle », explique-t-il encore.
Ensuite, le collectif se lance dans une grande opération marketing visant à mobiliser un maximum de Thudiniens sur le sujet et surtout leur rappeler l’existence même de cette chapelle. « Nous avons distribué plus de 400 affiches aux habitants. Une société de communication a réalisé gratuitement une capsule vidéo de la chapelle. Postée sur notre blog (http://www.patrimoinethuin.blogspot.com), celui-ci a reçu plus de 1000 vues. »
La mobilisation paie
Et la mobilisation paie. Les élus parviennent à obtenir des subsides inespérés (1.070.000 euros) pour la rénovation partielle du bâtiment. Mais la part de la commune reste lourde : 500.000 euros. Un investisseur privé, qui avait montré son intérêt pour y réaliser un projet immobilier se retire et la chapelle se retrouve à nouveau sans avenir. « Malgré ces succès indéniables, le collectif demeure très inquiet car les travaux de stabilisation effectués ne garantissent la pérennité de l’édifice qu’à court voire moyen termes, estime Nicolas Mairy. De plus, pour bénéficier des subsides de la Région wallonne, il faut que le projet soit réalisé pour la mi-2014. C’est très court or, aucune démarche n’a encore été entreprise. La majorité actuelle ne veut pas se lancer dans un projet qui engagerait la majorité à venir, ce qui est logique. »
Le collectif a donc interpellé tous les partis en lice pour les communales. « Mais leurs réponses sont évasives : c’est la prochaine majorité qui devra décider en fonction des priorités budgétaires. Or, l’état actuel de la chapelle interdit toute tergiversation. » Pour Nicolas Mairy, là est la limite d’une telle action citoyenne : si elle peut interpeller, informer, fédérer ou proposer des solutions, elle ne pourra jamais prendre la décision à la place des élus. Autrement dit, toute démarche citoyenne n’a de réelle chance d’aboutir que si elle se déroule en étroite collaboration avec le pouvoir en place.








Ce "collectif citoyen" est en fait surtout un groupe de voisins qui se fout totalement de cette chapelle depuis plus de 15 ans, au point de la laisser tomber en ruines (au sens propre du terme, des morceaux tombant régulièrement sur l'école voisine) et bouffer par la mérule. Mais dès que la ville se décide (enfin) à raser ce chancre, hop, on se mobilise pour sauver ce chef d'oeuvre du quartier... Quand l'école voisine a revendu la chapelle pour le franc symbolique voici 15 ans, les fresques intérieures, classées, étaient déjà bien attaquées. Depuis, rien n'a été fait et il ne reste plus rien de ce qui justifiait le classement du monument. Il manque de place en ville haute mais certains préfèrent garder une ruine plutôt que de réhabiliter cette zone... Et qui devra payer une somme astronomique pour un monument qui n'a plus rien à voir avec ce qui avait justifié son classement? La collectivité...