le gâchis des jours blancs

Beatrice Delvaux
Mis en ligne

éditorialiste en chef

Depuis ce matin, et de façon croissante au fil des jours, les jeunes adolescents francophones ont le sourire. Leur meilleure période commence : fini les examens… et pas de bulletin avant quasi quinze jours. Le pa-ra-dis ! Pas de parents en colère sur le bulletin, plus de profs. Et une liberté totale car tout le monde a la tête ailleurs : les profs corrigent les copies – et c’est indispensable – et les parents travaillent comme jamais, histoire d’avoir tout bouclé avant les vacances – et c’est non négociable.

Mais voilà, les parents ont beau vouloir le bonheur de leur progéniture, sur ce coup-là, ils n’arrivent pas à se réjouir. On connaît les explications, qui sont fondées : les professeurs et les éducateurs sont mobilisés par les conseils de classe, les procédures pour les recours s’ajoutent au décompte final de fin d’année. Impossible dès lors de faire autrement que de lâcher les élèves dès le 19 juin (oui nous avons bien écrit « 19 »). D’ailleurs, la liberté a ses limites puisque les écoles sont ouvertes : les parents qui n’ont pas envie de laisser leurs enfants dans la nature peuvent les déposer à l’école.

Même si les élèves s’y rendent pour ne rien y faire et sous la surveillance de personne.

L’impression qui reste est donc que ces jours blancs, nous laissent… marron.

Car si on ajoute aux jours blancs de fin d’année, les jours blancs de début d’année, on se dit que cela fait belle lurette que l’école ne commence plus le 1er septembre pour se finir le 30 juin.

C’est réac ? L’enseignement en Communauté française a évidemment d’autres chats à fouetter : l’amélioration de l’enseignement des sciences, des maths, le bi- ou trilinguisme. Plus urgent et prégnant que ces quelques semaines blanches à utiliser intelligemment.

Ces remarques saisonnières – la comparaison avec les néerlandophones, qui commencent plus tôt et terminent plus tard, reste interpellant – mourront de leur belle mort dès l’été venu, assorties de promesses politiques – un rien de budget a été dégagé – sur la manière de remédier à ce vide de fin d’année.

Il restera donc un gâchis, qu’on n’arrive pas à banaliser. Impossible, vraiment, d’être créatifs ?

Osez la rencontre !