Giovanna Massoni : « Le design pour une société meilleure »

Dominique Legrand
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Venue de la promotion du design belge à l’étranger, la directrice artistique de Reciprocity Liège, Giovanni Massoni, défend aujourd’hui une révolution politique du design. Rencontre.

Qu’est-ce que le design d’innovation sociale ?

Le design peut devenir une méthodologie pour une société meilleure, en être la porte d’entrée, devenir l’acteur d’une analyse holistique des problèmes humains rencontrés à l’échelle micro et macroéconomique. La créativité est un ferment pour la reconstruction d’un bien-être. C’est une stratégie et une finalité éthique.

L’utopie, c’est déjà aujourd’hui alors ?

J’adore tout ce qui est utopique et visionnaire, avec des idées extrêmement pragmatiques ! Le design d’innovation sociale implique la cocréation. C’est une expérience difficile que de partager des idées qui vont ensuite appartenir à tout le monde. Ce n’est pas le résultat qui est le plus important, mais le changement des mentalités par la mise en relation des habitants et du politique, comme l’expérience menée dans le quartier Saint-Gilles par exemple. Le design devient un catalyseur. On est loin du cliché design-bel objet de déco !

« Construire, c’est organiser des processus vitaux », déclarait Gropius. Il faut revitaliser les principes du Bauhaus ?

On a en effet besoin de revoir complètement notre idée du design. Pour moi, le design va créer une économie parallèle et rendre la société plus autonome, à la manière des microcrédits. Nous ne sommes plus en train de rêver une société alternative. Il faut la créer si nous voulons vivre bien. Le design est un incubateur qui doit mener ses recherches avec des psychologues, des sociologues, des créateurs, et le politique.

Osez la rencontre !