Une collection bruxelloise à l’encan !
D’origine italienne, Zaira Mis disperse sa collection qui fait la part belle aux artistes de sa terre d’adoption.
Comme l’écrit dans l’introduction au catalogue la collectionneuse et par ailleurs marchande d’art (une publicité pour sa galerie est d’ailleurs insérée en fin de catalogue !), Zaira Mis, « plutôt que de se séparer des œuvres l’une après l’autre, dans une petite douleur répétée, nous décidons de les disperser dans un éclat qui leur rend hommage ». Et d’éclat, il en est bien question, puisque l’ensemble des septante-deux lots constitue une seule et unique vacation avec son propre catalogue, qui renferme quelques pièces importantes, de nombreuses œuvres intéressantes et, également, mais n’est-ce pas le cas dans toute collection ?, quelques lots plus anecdotiques.
D’origine italienne, Zaira Mis a privilégié l’art contemporain classique de son pays natal. Trois œuvres de Fontana, dont une terre cuite, sont ainsi proposées. La plus chèrement estimée est un Concetto spaziale consistant en des fentes et griffures sur une plaque de laiton, une pièce réalisée en 1962 et estimée entre 600.000 et 800.000 euros. Avec une estimation plus de trois fois inférieures (180.000 à 250.000 euros), une belle et grande œuvre d’Alighiero e Boetti datée de 1977 fait également partie de la vente. Comme la plupart des lots, elle fut acquise par le couple pendant la décennie suivante. Paolini, Penone et Pistoletto sont aussi présents, mais avec des œuvres moins importantes. Quant à Mimmo Rotella, il figure au catalogue avec Estroverso, un collage d’affiches lacérées sur toile remontant à la fin des années cinquante, 1958 précisément, soit l’année où les Mis ont découvert l’art de leur temps sur le stand Fiat de l’Exposition universelle de Bruxelles.
Notre pays, terre d’adoption de Zaira Mis, est lui aussi bien représenté par plusieurs œuvres de René Magritte. La grande table, une toile peinte vers 1962-1963, représente une immense pomme de pierre posée sur une plage avec la mer pour horizon. Sotheby’s en espère entre 3 et 5 millions d’euros. Moins séduisant, mais plus intellectuel, un « tableau-mot exécuté en 1928 et intitulé L’usage de la parole VI est prisé quant à lui entre 400.000 et 600.000 euros. De relativement grand format, il devrait faire mieux. Réalisée un an plus tôt, La parure de l’orage, encore plus grand, fait partie de la période « historique » du surréalisme magrittien. Depuis que celle-ci a été revalorisée assez récemment, les estimations sont plus élevées et il faudra débourser au minimum un million d’euros pour repartir avec cette œuvre.
Deux dessins tardifs de Picasso et un dessin de Matisse ouvrent le catalogue, rapidement suivis par un dessin érotique d’Hans Bellmer (10.000 à 15.000 euros). Plus loin, une autre œuvre « licencieuse », par Egon Schiele cette fois, représente deux « amies allongées ». Datée de 1918, elle a reçu une estimation de 220.000 à 280.000 euros. Ce n’est pas l’œuvre la plus ancienne, mais de peu, car quelques numéros plus tôt l’on pourra enchérir sur Le jardin d’amour, un dessin assez fade qui aurait été exécuté au début du siècle passé par James Ensor. Sotheby’s en attend entre 25.000 et 35.000 euros, ce qui est beaucoup. Plus proche de nous dans le temps et dans l’esprit, Four multicolourd Marilyns (Reversal Series) par Andy Warhol, une sérigraphie sur toile terminée un an avant sa mort, espère trouver preneur entre 1,5 et 2 millions d’euros. Ce sera moins facile que pour le mobile de Calder exécuté en 1961, assez prudemment estimé entre un et 1,5 million…







