Le minimalisme magnifique de l’art aborigène
Pureté des lignes, élégance de formes essentielles, beauté des traits et spirales qui parent les objets, les créations des Aborigènes d’Australie sont d’un design parfait.
C’est à Paris, à l’occasion du Parcours des Mondes, qu’Anthony JP Meyer (Galerie Meyer Oceanic Arts) présentait « Walkabout – L’art ancien des Aborigènes d’Australie » qu’il accompagnait – son autre passion ! – d’une sélection d’art eskimo ancien.
Walkabout ? « Périple ! C’était le terme employé par les Aborigènes d’Australie pour décrire le système d’initiation par lequel les jeunes garçons doivent passer afin de devenir des hommes. »
Initiation donc pour les profanes que nous sommes et découverte de tous ces objets que l’antiquaire, toujours ébloui, dit « réduits au maximum ». « Toutes les parties superflues des objets et leurs éléments décoratifs ont été réduits au strict nécessaire avec, pour résultat, des outils ou des armes focalisés sur l’efficacité, souvent multifonctionnels, au lieu de fabriquer une foultitude d’objets qui pourraient être chacun utilisés pour différentes tâches mais devraient être entretenus et transportés. La quête sans fin pour l’eau, la nourriture, l’espace vital, le territoire de chasse ainsi que le contact avec les autres clans expliquent la réduction massive des éléments nécessaires à la vie. »
Le boomerang sous la loupe
Au fil de l’exposition, ce sont des objets fonctionnels et cérémoniels, des ceintures d’écorce et des lonka lonka (pendentifs ou cache-sexe à la fonction monétaire) de nacre, des couteaux dits de circoncision et des os à pointer magiques. Puis des boucliers, des massues, des propulseurs, des lances, des vrombisseurs et une magnifique collection de boomerangs. Lesquels, si on les retrouve en Floride et en Egypte, sculptés dans l’ivoire de mammouth il y a 23.000 ans en Pologne, dans le Sud-Est asiatique et même, début du XXe siècle, chez les Indiens hopis du sud-ouest des Etats-Unis… n’en sont pas moins l’emblème le plus notable de l’Australie !
Anthony Meyer d’expliquer alors qu’il existe deux types fondamentaux de boomerangs : ceux qui sont employés comme des massues pour briser les os des ennemis ou peut-être de gros animaux tels les kangourous ou les émeus. Puis ceux qui sont lancés avec pour fonction de frapper la cible avec le côté tranchant ou pointu afin d’étourdir, blesser ou tuer. S’il ne revient pas ? C’est qu’il a perdu son inertie en atteignant sa cible ! Le secret de cette arme de guerre et de chasse ? « Son principal secret technologique n’est pas sa courbure mais la forme de la surface de son bras : supérieure, elle est légèrement convexe, inférieure, elle est presque plate. Autre stratégie : la rotation (huit à onze fois par seconde !) qui augmente la vitesse de l’air sur son bras. Soit un mouvement giratoire vital pour sa performance. » Et de conclure que « la capacité de vol d’un boomerang est assurée par l’équilibre entre ses principales propriétés physiques que sont la taille – maximum un mètre pour un poids inférieur à un demi-kilo –, l’incurvation, l’épaisseur et la convexité de la partie supérieure ». Une apparente simplicité, une conception géniale…
« Walkabout » jusqu’au 20 octobre à la Galerie Meyer Oceanic Arts, 17 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris. Tél. : 3 (0)1 43 54 85 74 - –ite : w w.galerie-meyer-oceanic-art.com. A découvrir également, du 11 au 14 octobre lors du Frieze-Masters, Regent’s Park à Londres. Infos : www.friezemasters.com.


