Cure amaigrissante pour la Province

Joel Matriche
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Gouvernance. L'institution va perdre des députés, des conseillers, des compétences.

  • <p>Les provinces vivent une grande réforme. Photo Michel Tonneau.</p>

    Les provinces vivent une grande réforme. Photo Michel Tonneau.

Le 14 octobre, les Wallons voteront aussi aux provinciales : un scrutin qui, s’il ne déchaîne pas les passions, n’est pas pour autant dépourvu d’enjeux. Car mal connue souvent, mal aimée parfois, l’institution provinciale est l’objet d’une grande attention à l’amorce de cette nouvelle législature : ce ne sont plus 84 conseillers mais 56 qui seront élus à Liège, le nombre de députés passera de six à cinq, la multiplicité de compétences devrait être abandonnée au profit de cinq domaines d’intervention prioritaires et clairement identifiés. « De l’éducation à la culture et au sport, de la santé au développement durable en passant par la supracommunalité, nous avons fait un gros travail pour définir ces axes prioritaires, explique Paul-Emile Mottard, député provincial (PS) et président de l’association des provinces wallonnes. Cette proposition est sur la table du gouvernement wallon, il va falloir la mettre en œuvre. » La transformation de la Province en bassin de vie d’un million d’habitants gagnerait aussi, continue Paul-Emile Mottard, à être activée : « C’est une mission que peut remplir l’institution provinciale en tant qu’intermédiaire entre les communes et la Région. Non seulement avec les compétences prioritaires qui seront les siennes mais on peut aussi en imaginer

d’autres comme l’aménagement du territoire, la mobilité, etc. Ce serait cohérent. »

Quoi qu’il en soit, enchaîne la tête de liste CDH Dominique Drion, « la Province doit renforcer certaines de ses missions, notamment le soutien aux communes mais aussi l’enseignement afin de concilier les demandes des entreprises et les offres de formation ». Le conseil provincial nouvelle version devra aussi veiller, continue Dominique Drion, « à ce que les communes rurales ne soient pas pénalisées par la réduction du nombre de conseillers ». Une crainte que ne partage pas Paul-Emile Mottard : « Même si toutes les communes ne pourront plus être représentées au conseil, le maintien d’un vote par canton et district devrait éviter les sous-représentations. »

Plus grande transparence

Enfin, Jean-Marie Beckers, vice-président Ecolo du conseil, espère que l’institution profitera de la prochaine législature pour renforcer ses règles de bonne gouvernance : « Nous avons notamment proposé, par le passé, que les secrétaires et vice-présidents du conseil soient défrayés en fonction de leur présence au conseil et non de manière forfaitaire mais ça a été refusé », se désole-t-il. Il plaide aussi pour une plus grande transparence dans le fonctionnement de l’institution, pour une diminution de ses dépenses de représentation, pour faire un sort au Country Hall. « La Province s’est engagée à hauteur de 750.000 euros par an pour une salle qui ne fonctionne pas, rappelle-t-il. Même si ça ne concerne pas que la Province, il faut trouver une solution ou laisser tomber… »

Osez la rencontre !