Motion de confiance en faveur du gouvernement Picqué IV
BELGA
samedi 18 juillet 2009, 19:05
Le parlement bruxellois, réuni exceptionnellement ce samedi après-midi, a adopté la motion de confiance au gouvernement Picqué IV. Celle-ci avait été déposée dans le cadre du débat sur la déclaration de politique générale de la nouvelle équipe en place.
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Les 53 députés présents de nouvelle majorité PS-Ecolo-cdH-Open Vld-CD&V-Groen ! ont voté comme un seul homme en faveur de la motion. Les 28 de l’opposition (MR, sp.a, N-VA, et Vlaams Belang) qui avaient fait le déplacement ont tous voté contre.
Le groupe linguistique flamand était au grand complet. En son sein, la majorité est étroite (9 sur 17). Elle est indispensable pour tous les votes qui concernent les matières bi-communautaires de la Commission Communautaire Commune de Bruxelles.
Celle-ci gère notamment les matières sociales liées au travail des 19 CPAS bruxellois, ainsi que les dossiers relatifs aux infrastructures hospitalières et des maisons de repos.
À l’image de celui de la motion adoptée ce samedi après-midi dans la foulée du vote de confiance pour les matières régionales, ces votes requièrent la majorité des voix dans chaque groupe linguistique.
Les votes du jour sont intervenus au lendemain d’une longue journée de débats sur le programme de la nouvelle majorité présenté par le ministre-président Charles Picqué.
Au cours de ceux-ci, l’opposition MR a affirmé que les défis de la nouvelle majorité bruxelloise n’étaient pas nouveaux. La seule différence avec l’équipe sortante, c’est que les moyens financiers ont disparu, pas seulement à cause de la crise, mais parce que le gouvernement Picqué III a mis en place des dépenses durables payées par des recettes éphémères, a souligné vendredi le chef du groupe MR Didier Gosuin, annonçant « une opposition non biodégradable », face à une majorité qui a mis le qualificatif « durable à toutes les sauces ».
Fraîchement débarqué dans l’opposition, le sp.a a lui aussi annoncé la couleur, critiquant vertement la déclaration de l’équipe qui se met en place : pas d’engagement – on travaillera avec des plans plutôt qu’avec des décisions –, des promesses vagues, des projets coûteux suspendus au bon vouloir financier du fédéral et des abus de langage à propos du développement durable, mis à toutes les sauces.
Les chefs de groupe de la majorité se sont montrés plutôt enthousiastes.
Mais dans leurs interventions, on a aussi pu déceler les premiers écueils qui les attendent à l’heure des décisions à prendre : le caractère obligatoire du contrat de projet professionnel pour les moins de 25 ans, la mobilité, certaines grandes infrastructures et le budget.
À ce sujet, le ministre-président bruxellois Charles Picqué a formellement contesté avoir oeuvré à la formation de son gouvernement en dehors de toute considération budgétaire. Selon lui, la première trajectoire budgétaire envisagée par le premier ministre Herman Van Rompuy pour retrouver l’équilibre aurait débouché sur un déficit cumulé de 2,5 milliards d’euros pour la Région bruxelloise à l’horizon 2016.
« Il y a un niveau qui condamnerait la Région bruxelloise à l’inertie d’ici quelques années. La demande de refinancement de la Région-capitale ne doit pas être posée comme celle d’un enfant capricieux, mais de quelqu’un qui a été loyal et peu coûteux », a-t-il insisté.
La gouvernance a fait débat à Bruxelles
L’opposition MR et sp.a au parlement bruxellois n’aura pas attendu longtemps pour demander des comptes à la majorité bruxelloise sur le dossier de la bonne gouvernance, dont elle a fait un volet de son programme pour les cinq prochaines années à Bruxelles.
La séance des votes a été sensiblement prolongée par un débat au sujet de la composition du nouveau collège de contrôle des dépenses électorales restée fermée au sp.a, en tant que représentant de l’opposition démocratique flamande.
C’est cette commission qui passe au crible les communications des ministres du gouvernement bruxellois et s’assure de leur conformité avec la législation sur les dépenses électorales.
Sous la précédente législature, les communications de certains membres du gouvernement avaient fait grincer des dents dans l’opposition et gêné certains membres de la majorité aux entournures.
La commission est composée d’onze membre dont, d’office, le(la) président(e) et le (la) vice-président(e) du parlement en l’occurrence Françoise Dupuis (PS), et Walter Vandenbossche (CD&V). Un minimum de trois des onze membres doivent faire partie du groupe linguistique néerlandophone.
Les décisions (sanctions) doivent être prises à la double majorité, a-t-on rappelé au MR.
Avant de faire procéder au vote de confiance au gouvernement bruxellois, samedi après-midi, la nouvelle présidente Françoise Dupuis a fait procéder à l’élection, à bulletin secret, des 9 membres de la nouvelle commission restant à désigner. Dix candidats se présentaient dont Elke Roex (sp.a).
Tour à tour, Elke Roex (sp.a) et Didier Gosuin (MR) ont tenté en vain de convaincre leurs collègues députés d’accorder suffisamment de voix à la représentante des socialistes flamands plutôt qu’à la représentante de Groen ! (2 sièges à Bruxelles), arguant du fait que le sp.a a obtenu autant de sièges (4) que l’Open Vld, la première formation flamande lors du scrutin du 7 juin dernier.
« Ne commettez pas un acte de mauvaise gouvernance. C’est un mauvais signal », a notamment affirmé Didier Gosuin à l’attention des députés de la majorité PS-Ecolo-cdh-Open Vld-CD&V-Groen.
La démarche de l’opposition visait à diminuer les risques de couverture de certains dérapages dans les communications gouvernementales par le biais d’un blocage systématique des décisions via les représentants du groupe linguistique flamand, tous issus de la majorité Open Vld-CD&V et Groen.
Selon le MR, par le passé, certaines sanctions ont été bloquées par l’absence de membres (de la majorité) du groupe linguistique flamand au moment des votes.
Finalement, Elke Roex a obtenu le moins de voix sur son nom. Il n’y aura donc pas de représentant de l’opposition flamande dans ladite commission.
(belga)














