La Stib s’en prend à la mendicité dans le métro
Rédaction en ligne
mercredi 21 octobre 2009, 17:13
Le Secrétaire d’État à la Lutte contre la pauvreté, Philippe Courard, se dit « perplexe » face à la décision de la Stib d’inviter les usagers à « ne pas encourager la mendicité » dans l’enceinte du métro. Depuis le 15 octobre, un message sonore diffusé dans les stations du métro bruxellois incite les passants à ne pas attirer les mendiants en les aidant. La ministre bruxelloise du Transport a tenu à rappeler que la Stib ne fait qu’appliquer une ordonnance du parlement.
« Nous vous rappelons que la mendicité est interdite dans l’enceinte du métro. Ne l’encouragez pas, merci. » Voici ce que peuvent entendre les usagers du métro bruxellois. Selon la Stib, ce message est inspiré de ce qui se fait dans les transports en commun parisiens. Le but est de conscientiser les passagers du rôle qu’ils ont à jouer et du fait qu’en donnant satisfaction aux mendiants, ceux-ci reviendront, alors qu’ils ont d’autres ressources ou d’autres endroits pour mendier.
Philippe Courard a souligné qu’à l’approche de l’hiver, il convenait « plus encore de développer des initiatives en matière d’accompagnement des personnes démunies. »
Pour lui, il importe de « ne pas cacher le phénomène de pauvreté » mais bien « d’en combattre les causes » Le secrétaire d’État fédéral a rappelé, à titre d’exemple, que la SNCB avait mis en place, en concertation avec les associations de terrain, une « Cellule Prévention et Sécurité Sociétale » pour encadrer les personnes en situation de pauvreté et de sans-abri.
Philippe Courard a ajouté qu’il s’était associé à la SNCB et à sa « Cellule Prévention et Sécurité Sociétale » pour répondre à un appel à projets européen visant à mieux coordonner les actions menées dans les gares, en collaboration avec les associations de terrain.
À la Stib, on dément qu’il y ait une augmentation de la mendicité sur le réseau. le but serait de conscientiser les passagers du rôle qu’ils ont à jouer. « On veut faire prendre conscience aux clients que s’ils donnent satisfaction aux mendiants, ceux-ci reviendront. Et les mendiants ont d’autres ressources ou d’autres endroits pour mendier », conclut le porte-parole de la Stib.
La STIB ne fait qu’appliquer une ordonnance du parlement
L’initiative de la STIB d’inviter ses usagers à ne pas encourager la mendicité dans le métro relève d’une ordonnance prise par le parlement régional en 2007 pour interdire ce type de démarche passible d’une amende de 84 euros, a indiqué jeudi la ministre bruxelloise du Transport, devant les députés bruxellois réunis en séance plénière. Cette même ordonnance prévoit d’ailleurs la possibilité d’infliger une amende de 84 euros, a-t-elle ajouté.
La ministre était interrogée, à l’heure des questions d’actualité par Michel Colson (MR), Céline Delforge (Ecolo), Olivia P’Tito et Nadia El Yousfi (PS), particulièrement remontés, certains sur la forme, d’autres sur le fond, contre l’initiative de la STIB d’inviter les usagers à ne pas encourager la mendicité dans le métro en donnant de l’argent aux mendiants dans ses installations.
Dans sa réponse lue par le secrétaire d’État à la Mobilité Bruno De Lille, la ministre Grouwels, absente mercredi, a rappelé aux députés que la mendicité sur le réseau de la STIB avait été interdite dans une ordonnancé votée par les députés bruxellois en 2007. En vertu de ce texte, elle est passible d’une amende administrative de 84 euros.
À la question posée du niveau hiérarchique à la base de l’initiative de la STIB, Brigitte Grouwels a précisé que la communication avait été mise au point à la demande de la direction du département « métro » de la société « qui n’a pas besoin de demander l’aval de qui que ce soit lorsqu’il s’agit de demander aux usagers de ne pas encourager ce qui est interdit ». (belga)