Un futur Premier hors CD&V ?
Rédaction en ligne
lundi 09 novembre 2009, 08:29
L'éventuelle succession à un Herman Van Rompuy qui s'en irait présider le Conseil européen et la capacité d'Yves Leterme à reprendre la fonction de premier ministre ont été largement au centre des débats télévisés du week-end, tant sur la chaîne flamande publique VRT (De Zevende Dag) que sur les francophones (Mise au point-RTBF et Controverse-RTL-TVI).
Cité parmi les « premier ministrables » en cas de départ de M. Van Rompuy, le vice-premier ministre CD&V Steven Van Ackere a dit ne pas penser à cette fonction. « Moi, je souhaite être à la place où je veux être », s'est-il contenté de souligner, ajoutant que le critère du poids électoral, particulièrement important dans le cas d'Yves Leterme, devait être prépondérant dans le choix du premier ministre.
Pour Gérard Deprez (MCC-MR), ce n'est pas automatiquement un homme -ou une femme- du CD&V qui doit succéder à Herman Van Rompuy puisque la famille libérale constitue le groupe parlementaire le plus important et qu'il n'y a pas de majorité en Flandre pour soutenir le gouvernement. Il profilait ainsi la candidature d'un Francophone, en l'occurrence le président du MR, Didier Reynders.
Côté flamand, le député européen Dirk Sterckx (Open Vld) a lui aussi ressorti l'argument d'une famille libérale supérieure en nombre au parlement. Quant à son collègue européen Ivo Belet (CD&V), il s'est élevé contre le « veto » opposé par le journal francophone Le Soir à la candidature de M. Leterme.
Pour la députée européenne Anne Delvaux (cdH), c'est au CD&V qu'il revient de désigner l'éventuel successeur de M. Van Rompuy ; le choix d'un premier ministre francophone serait aujourd'hui payé très cher par les Francophones. Autre députée européenne, Isabelle Durant (Ecolo) estime que M. Leterme doit faire preuve de davantage de lucidité.
Pour sa part, Olivier Maingain juge que le problème Leterme est plutôt celui du CD&V, à nouveau en proie au choix existentiel d'un nouveau leader. On s'est parfois montré trop sévère du côté francophone avec M. Leterme mais il n'a pas fait preuve de dynamisme et de créativité, estime le président du FDF.
Soutien politique quasi unanime à Van Rompuy pour l'Europe
Si la personnalité d'Yves Leterme et sa capacité à succéder à Herman Van Rompuy au 16, rue de la Loi, est apparue fort discutée dimanche au cours des débats télévisés dominicaux, notamment du côté des journalistes francophones, cela n'a pas été le cas pour M. Van Rompuy dans la perspective d'une présidence européenne.
Aux yeux de Gérard Deprez (MCC-MR), M. Van Rompuy a les qualités requises pour présider le Conseil européen : il pense plus qu'il ne parle et son profil convient « malheureusement » au compromis recherché par l'Europe, qui refuse des candidatures de visionnaires comme Guy Verhofstadt et Jean-Claude Junker.
Pour Isabelle Durant également, M. Van Rompuy a les qualités demandées : il prendra le temps de rechercher des compromis, comme on lui demande. Mais avec José-Manuel Baroso, l'Europe a choisi une autre personnalité qui ne dérange personne. Qui va dès lors porter le projet européen ? a-t-elle demandé. Pour Mme Delvaux, M. Van Rompuy a réellement une vision européenne et elle n'est pas « molle ».
Les « sages » Marc Eyskens (CD&V) et Willy Claes (sp.a) estiment pour leur part que Herman Van Rompuy ne peut pas refuser la présidence européenne si on la lui propose. Ce serait très mauvais pour l'image de la Belgique.
Et qu'on ne vienne pas parler du dossier BHV pour justifier un éventuel refus : « c'est vraiment un problème de village, qu'on cesse avec cette comédie, c'est vraiment scandaleux », a lancé l'ancien premier ministre CD&V.
(d'après Belga)