La monarchie protocolaire ne fait pas l'unanimité
Rédaction en ligne
dimanche 21 mars 2010, 14:26
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Le président du Sénat, Armand De Decker (MR), et le sénateur Francis Delpérée (cdH) se sont montrés ce dimanche peu favorables à une réforme de la Constitution qui priverait le Roi de ses dernières prérogatives politiques. De son côté, Wilfried Martens juge urgent de revoir le pouvoir de sanction du Roi.
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Sur le plateau de Mise au Point (RTBF), les deux hommes ont nuancé les positions qu'ont défendues leurs propres présidents de parti, respectivement Didier Reynders et Joëlle Milquet, dans un dossier spécial réalisé par La Libre Belgique et De Standaard.
« Le cdH n'est pas pour la monarchie protocolaire. Si le Roi n'a de vertu que protocolaire, on n'a pas besoin de Roi », a insisté M. Delpérée. « On n'a pas besoin d'un Roi-pot de fleur », a-t-il ajouté.
Armand De Decker a pour sa part jugé « très utile » le pouvoir d'influence du Souverain, qui a selon lui « tout le temps défendu l'intérêt général et l'intérêt supérieur du pays ».
Pour le président du Sénat, il est « très bon que le Roi nomme les ministres ». « Si ce n'était pas lui, ce serait nécessairement un homme politique qui serait flamand, wallon et bruxellois », et par conséquent suspect de partialité, a-t-il dit.
Les autres invités de « Mise au point » se sont montrés plus favorables à une réforme de la monarchie, même s'ils ont loué la sagesse du Roi Albert II, qui, de l'avis général, a su se mettre suffisamment en retrait.
L'urgence de limiter le pouvoir du Roi, selon Martens
L'ancien Premier ministre Wilfried Martens, qui dirigeait le pays quand le Roi Baudouin a refusé de sanctionner la loi légalisant l'avortement, juge « urgent » de limiter les pouvoirs du Roi. Il l'a expliqué dimanche sur le plateau de l'émission De Zevende Dag (VRT). M. Martens vise en particulier le rôle de sanction des lois conféré au Souverain. « C'est un problème qui doit être résolu. Je trouve que c'est urgent », a-t-il dit.
Il est plus nuancé sur le rôle de médiation exercé actuellement par le Roi, qui intervient lors de crises politiques ou lors de la formation des gouvernements. Cette fonction est d'après lui très utile. « On évoque les Régions et le Communautés pour argumenter que cela peut très bien se faire sans le Roi, mais c'est une réponse trop facile. Au niveau fédéral, il y a trop de divisions, c'est trop fragmenté », a-t-il dit.
Pour M. Martens, le Roi joue dans ce contexte un rôle d'arbitre neutre. « Si le Roi ne le fait plus, qui le fera ? Les politiciens fédéraux sont-ils compétents pour jouer ce rôle », s'interroge-t-il ouvertement.
(d'après Belga)
