Le prince Philippe réagit et se dit « ouvert aux critiques »
JULY,BENOIT
jeudi 25 mars 2010, 21:49
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En mission économique en Inde, le prince Philippe répond aux attaques dont il fait l’objet de la part de Philippe Moureaux. De façon détendue et prudente. Par Benoît July
BELGA
ENTRETIEN
Le prince Philippe est-il fait pour la fonction royale ? Est-il prêt à succéder à son père ? Quelle est sa conception du rôle monarchique ? Autant de questions, voire de craintes, émises ces derniers jours, par des personnalités politiques notamment.
Clôturant sa mission économique en Inde, le prince a répondu aux questions collectives des journalistes. De façon plutôt détendue. En prenant soin de ne pas franchir la ligne rouge.
A l’approche de vos 50 ans (le 15 avril prochain), quel bilan dressez-vous de vos missions économiques à l’étranger ?
Je suis un homme heureux. Je suis content de ce que je fais, des liens de confiance que j’ai pu tisser avec les hommes d’affaires et avec la population. Je voudrais exprimer ici ma gratitude pour ces liens de confiance, qui m’ont profondément enrichi.
C’est un très bel âge, 50 ans. On a vu beaucoup de choses mais on se rend compte aussi, comme le dit la chanson de Gabin, qu’on ne sait rien. On peut surtout commencer à revoir des gens, des endroits. Avoir le temps d’approfondir, c’est cela, la vraie richesse.
Diriez-vous que la vie commence à 50 ans ?
La vie commence chaque jour ! J’essaie de voir les choses de manière positive, je me dis que j’ai de l’expérience et que je peux continuer à l’approfondir.
Les critiques récentes à votre égard vont ont-elles blessé ?
Je suis ouvert, et donc j’entends aussi des remarques positives. Je reçois des messages d’encouragement. Beaucoup de gens nous soutiennent. Le mot « confiance » est très important pour moi. La confiance avec la population belge, avec le monde économique et le monde politique.
Le ministre des Affaires étrangères (Steven Vanackere) a déclaré que les gens qui me critiquent sont ceux qui ne me connaissent pas, qui n’ont pas travaillé avec moi. J’ai des très bons contacts avec les gens qui, eux, me connaissent et travaillent avec moi.
Diriez-vous que vous faites davantage confiance aux hommes d’affaires qu’aux politiques ?
Je vois régulièrement les hommes politiques, nous parlons et j’apprends aussi beaucoup d’eux et de ce qu’ils font.
Vous n’avez pas envie, parfois, de répondre, de sortir du bois ?
Je fais confiance aux gens qui me connaissent et diront des choses positives à mon égard. J’ai confiance aussi dans le fait que les gens qui ne me connaissent pas changeront d’avis quand ils me connaîtront.
Il est aussi question d’une évolution vers une monarchie protocolaire. Qu’en pensez-vous ?
Je ne vais pas m’exprimer là-dessus. C’est la Constitution qui détermine le rôle du Roi.
Au-delà de l’économique, que faites-vous sur le plan social ?
Lors de contacts, qui ne sont pas toujours rendus publics, j’essaie de soutenir des gens qui n’ont pas la vie facile. Mon épouse le fait aussi, même en partie pour moi car il est évident que je ne peux pas tout faire. Nous formons une vraie équipe.
Et avec votre père, quelle équipe formez-vous ?
Je ne vais pas parler des gens quand ils ne sont pas là, mais j’ai un très grand respect pour ce qu’il fait, tout en ayant encore beaucoup à apprendre de lui. Nous formons une équipe, une famille ; je parle donc régulièrement avec mon père et je m’intéresse beaucoup à son expérience.
En 50 ans, la Belgique et le monde ont changé. Quelle personnalité vous a le plus marqué ?
J’ai rencontré tellement de gens ! Ce qui est certain, c’est que les gens qui m’ont fasciné ne sont pas toujours des icônes connues du grand public, mais plutôt des gens simples, de la vie de tous les jours. Je suis allé par exemple il y a peu à Charleroi, dans le cadre d’une visite privée à un centre où l’on aide des toxicomanes à se réinsérer. J’y ai rencontré des types fantastiques, qui ont vraiment touché le fond et qui essaient de rebondir. Ils reviennent de tellement loin que leur richesse, sur le plan humain, est énorme. Sortir de la drogue demande aussi une forme d’héroïsme…
Vous arrivez à un âge où beaucoup commencent à songer à la retraite. Vous n’y pensez pas ?
Mais comment pourrais-je penser à la retraite ? J’ai tellement d’intérêt pour ce que je fais, j’aime l’économie, je m’intéresse aux entreprises, à leur stratégie, mais aussi et surtout aux gens.
