Périphérie : Maingain reparle de « fascisme rampant »
Rédaction en ligne
mardi 30 mars 2010, 20:27
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Le FDF, de même que le PS et le CDH, ont réagi à l’arrêté pris par la Flandre pour rejeter pour la 3e fois la candidature des bourgmestres non nommés de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem.
© Pierre-Yves Thienpont
Le ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois (N-VA) est « surpris » par la réaction du CD&V au sujet de l’arrêt de non-nomination des trois bourgmestres de communes à facilités de la périphérie bruxelloise pris par lui-même. Le porte-parole du CD&V avait évoqué un « timing très malheureux », faisant allusion au travail de déminage mené par Jean-Luc Dehaene dans le dossier BHV.
« Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) avait été préalablement informé de la signature de l’arrêté par le ministre Bourgeois et n’a fait aucune remarque négative », a réagi le porte-parole du ministre N-VA, mardi soir.
Aucun commentaire n’a jusqu’à présent été obtenu au cabinet du ministre-président flamand.
Du côté des partis francophones, les réactions n’ont pas tarder.
Le PS appelle à résister au chantage
Le PS a appelé mardi « les modérés du Nord et du Sud du pays à résister au chantage » de la N-VA, la formation nationaliste flamande dont le ministre du gouvernement flamand, Geert Bourgeois, a réitéré mardi le refus de nommer les bourgmestres francophones de trois communes à facilités de la périphérie bruxelloise.
« Ce n’est ni la première, ni la dernière tentative du parti séparatiste flamand de nuire au dialogue institutionnel. Les partis modérés ne doivent pas laisser l’avenir de notre pays entre les mains des extrémistes », a commenté le Parti socialiste.
Pour le président du PS, Elio Di Rupo, les modérés du Nord comme du Sud ne doivent pas tomber dans le piège qui leur est tendu. Il les a invités à « maintenir un dialogue constructif ».
Aux yeux du Parti socialiste, les partis radicaux sur le plan institutionnel ne manifestent aucun intérêt à trouver une solution négociée pour BHV. « Or, la Cour constitutionnelle, instance juridique suprême de notre pays, nous oblige à trouver une solution avant les prochaines élections législatives », rappelle le PS.
Le PS dit être un parti qui veut des solutions pour « mieux garantir les droits de tous les Francophones, y compris sur la question des Bourgmestres de la périphérie ».
« La Belgique a besoin de stabilité et d’un gouvernement fédéral qui possède les pleines capacités de gouverner pour résoudre les grandes difficultés financières, économiques et sociales du moment », a enfin insisté le PS, rappelant que l’absence de dialogue n’a jamais apporté le moindre droit supplémentaire aux francophones.
FDF : « nouvelle agression »
Le président des Fédéralistes Démocrates Francophones, Olivier Maingain a jugé mardi que le gouvernement flamand « vient d’accomplir une nouvelle étape dans sa politique antidémocratique en annonçant son refus de nommer les bourgmestres de Linkebeek, de Crainhem et de Wezembeek-Oppem ».
Pour lui, « cette nouvelle agression » confirme qu’il n’y aura de pacification communautaire en périphérie qu’après le rattachement d’au moins six communes à Bruxelles.
« Après les décrets flamands refusant l’accès à la propriété et au logement social dans certaines communes aux francophones, aux Européens et à tous ceux qui ne sont pas d’expression néerlandaise, le gouvernement flamand s’enfonce dans un nationalisme que le Wall Street Journal avait, à juste titre, qualifié de ‘fascisme rampant’ », a affirmé le président des FDF dans un communiqué.
Cette évolution préoccupante amènera les FDF à interpeller une nouvelle fois le Conseil de l’Europe et les institutions européennes et internationales, a-t-il poursuivi.
A Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem, le suffrage universel a plébiscité trois candidats bourgmestres. Les majorités communales et les électeurs n’accepteront pas d’autres candidats bourgmestres que ceux qu’ils ont choisis, ont par ailleurs prédit les FDF.
Pour Olivier Maingain, « cette nouvelle agression du gouvernement flamand confirme que la pacification communautaire en périphérie bruxelloise ne sera réelle qu’après le rattachement d’au moins six communes de la périphérie à la Région bruxelloise. Les francophones ne peuvent en aucun cas accepter une réforme de l’Etat ou un accord sur Bruxelles-Hal-Vilvorde sans que cette exigence ne soit rencontrée ».
CDH : un classique de la N-VA
Le refus répété mardi des deux chefs de file de la N-VA, Bart De Wever et Geert Bourgeois, de nommer les trois bourgmestres francophones de la périphérie n’a rien de neuf ni d’étonnant.
Il vise clairement à torpiller le début d’éventuelles négociations relatives au dossier de la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, a estimé mardi le cdH.
« Il n’entre nullement dans les intentions du cdH d’entrer dans ces jeux de bac à sable et de surenchères », a commenté le parti présidé par Joëlle Milquet, dans un communiqué.
Le cdH a par ailleurs « rappelé avec fermeté que la nomination des bourgmestres de la périphérie et une solution structurelle à l’avenir pour répondre à cette problématique doivent faire partie de tout éventuel résultat de négociations relatives à BHV, au-delà des revendications connues des partis francophones ».
(belga)
