« Il faut un accord BHV, ou c’est le drame »
Rédaction en ligne
mardi 30 mars 2010, 12:52
s'abonner
Après la poussée de la N-VA et du Vlaams Belang, le député CD&V, Walter Vandebossche, met en garde. « Ne cédons pas aux menaces de la N-VA et du FDF ». Interview de David Coppi
Le Soir (Alain Dewez)
Le dernier sondage Libre Belgique – RTL-TVi, publié lundi, traduit une forte poussée de la N-VA et du Vlaams Belang au nord, qui talonnent le CD&V, le parti d’Yves Leterme, toujours devant, mais d’une courte tête. La pression « nationaliste » monte. Cela ruine-t-il les discussions sur BHV et la mission du « démineur » Jean-Luc Dehaene ? Vice-président du parlement bruxellois, député CD&V, Walter Vandenbossche prend le contre-pied…
Vu les sondages : BHV, mission impossible désormais ?
Ces sondages nous obligent à trouver un accord ! La pire des situations serait que nous n’y parvenions pas, car cela donnerait raison à ces partis, la N-VA ou le Vlaams Belang, qui, justement, veulent prouver que l’Etat fédéral, ça ne fonctionne pas. Prenez leur électorat « potentiel » – j’emploie ce terme car il s’agit ici d’intentions de votes : nous devons lui montrer que les partis pour lesquels il s’apprête à voter se trompent. Donc, tout faire pour aboutir sur BHV. C’est ma conviction, celle de Jean-Luc Dehaene, et du CD&V. Personne ne peut se soustraire à ce devoir désormais : un compromis entre Flamands et francophones.
Une « obligation de résultat »…
Oui. Si cela ne devait pas être le cas, on voit bien qui en profiterait, les sondages sont clairs, et cela aurait des conséquences politiques dramatiques non seulement pour tel ou tel parti, mais pour l’avenir du pays. Nous ne devons plus donner raison à ces gens qui sont les ennemis d’un compromis.
Bernard Clerfayt, FDF, interviewé à la RTBF-radio, a déploré que Dehaene, dit-il, travaille sur des « demandes flamandes », comme la scission de BHV, pas celles, francophones : nomination des bourgmestres, élargissement de Bruxelles…
Et moi je déplore qu’un homme politique comme lui, ministre de surcroît, cherche, par de telles déclarations, à créer la zizanie entre les négociateurs ! Le but de ce Monsieur est de valoriser le fonds de commerce électoral de son parti, le FDF. Un parti qui est l’allié objectif de la N-VA. Les deux ont intérêt à garder les choses en l’état, à ce que la négociation échoue, c’est leur but, leur finalité. Comme ça, ils pourront dire que leurs positions sont les bonnes. Je l’ai dit, à ce stade, un compromis est vital pour l’équilibre de l’État. Ne cédons pas aux menaces de la N-VA et du FDF !
Évitons de les mettre sur le même pied : la N-VA agresse, pas le FDF…
Pas d’accord. D’ailleurs, en cas de compromis, si nous arrivions à faire prévaloir la raison d’État, ces deux partis seraient appelés à disparaître.
Il faut accélérer la négociation ?
Oui. Les sondages vont obliger les négociateurs à passer la cinquième, la sixième vitesse. Sans compromis, nous irons au drame.
David Coppi
