Bilan positif pour SOS emploi

Rédaction en ligne

mercredi 31 mars 2010, 19:14

Avec 160 appels traités, 5000 visites sur le site web et une centaine d’offres d’emplois proposées par une vingtaine de société, la première édition de SOS emploi est plutôt réussie.

Au cours de cette journée, ce sont en tout 50 heures de conseils qui ont été prodigués par téléphone et 5 heures de tchat organisées avec 8 experts. Des experts qui se disent satisfaits de cette première édition de la journée SOS emploi. Tous ont eu part d’expériences différentes.

Jean Vercruysse, directeur du guichet d’entreprises Formalis du groupe S, a notamment eu affaire à des personnes qui envisagent de devenir indépendants. Ces personnes sont soit au chômage ou salariées mais désirent devenir leur propre patron. Un point qu’elles ont en commun est qu’elles ignorent énormément de choses au niveau des charges administratives que cela implique. « J’ai eu un jeune homme qui désire créer une maison de repos, il s’est adressé à l’ONEM mais ils n’ont pas su l’aider. Pour proposer un tel projet, il faut tout d’abord élaborer un business plan. Cela sert à prouver aux banques que le projet est rentable. Dans le cas contraire, les gens peuvent prendre conscience de la non-viabilité de leur projet. »

Gilles Klass est, lui directeur adjoint de Mercuri Urval, une société de consultance en ressources humaines présente dans 25 pays. S’il a été confronté aujourd’hui à 80 % de personnes entre 40 et 45 ans et 20 % de jeunes, il a pu dégager certaines tendances. Les jeunes auxquels il a eu affaire étaient en général en manque d’expérience et de qualifications. Pour les 40 ans et plus, c’est le manque de connaissance des langues qui était généralement la cause de leur inactivité. Dans les deux cas, « il n’est jamais trop tard pour se former », dit-il. « La nature n’aime pas le vide, peu importe l’âge, c’est toujours intéressant de se former quand on est au chômage ». Un constat alarmant : près d’un quart des personnes qu’il a eues au téléphone n’auraient pas accès à l’internet. « Il y a une grande méconnaissance des différents canaux mis à la disposition des demandeurs d’emploi », constate-t-il.

Un avis que rejoint, Florence Collard, responsable relations et services aux candidats pour reference.be. Selon elle, « beaucoup de gens sont perdus et ne savent pas toujours où et à qui s’adresser ». Elle a également été confrontée à un autre problème. Le cas d’une dame de 46 ans qui éprouve des difficultés à se réinsérer sur le marché du travail après une période d’inactivité professionnelle. Elle avait cessé de travailler pour aider son mari qui est exploitant agricole. « Comme beaucoup de personnes aujourd’hui, elle avait besoin de motivation et d’encouragement », explique Florence Collard. Un constat que partagent les 8 experts qui étaient présents aujourd’hui dans le cadre de cette journée spéciale.

Un point sur lequel tous ont insisté, c’est la qualité du CV. « Il faut essayer de construire un discours sur ses points forts pour mieux se vendre auprès des employeurs et trouver un fil conducteur entre le passé et le présent », explique Francis Van den Haute, consultant et formateur en gestion de carrière. Présent dans le call-center ce matin, il a par exemple eu affaire à une femme de 51 ans qui était coiffeuse depuis l’âge de 14 ans. Face à la concurrence de la jeune génération montante et des grandes chaînes de coiffure, elle s’est dite « dégoûtée du métier ». Elle lui a fait part de sa volonté de se réorienter dans le secteur de la grande distribution et du commerce. Dans ce cas-ci, c’est le problème de la réorientation qui se pose. « Pour les recruteurs, dire qu’on se réoriente pour passer à autre chose ne passe pas. Pourquoi ? Parce que dans ce cas, cela veut dire que vous êtes débutant dans ce domaine. » Il propose comme solution de jouer sur l’expérience : « Être coiffeur, c’est aussi être dans le commerce ». D’autre part, Francis Van den Haute préconise de réaliser un CV par emploi postulé et non un CV pour tous.

Beaucoup de conseils évoqués lors de cette journée Sos emploi. Comme le soulignait Pierre Leerschool, responsable des ressources humaines chez Sudpresse : « Ce genre d’initiative est à encourager car on s’attaque ici à un problème de société en jouant sur l’entraide. » Selon, lui ce genre d’opération devrait être réalisé beaucoup plus souvent.

Bastien Pellegrin (st.)

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