IVG : histoire d’une loi datée de 20 ans
Rédaction en ligne
mercredi 31 mars 2010, 19:01
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29 mars 1990, la loi sur la dépénalisation de l’avortement est votée. Vingt ans plus tard, l’interruption volontaire de grossesse revient au coeur des débats. Le Soir profite de l’occasion pour ressortir ses archives. Morceaux choisis.
Avortement : un pas de plus vers la dépénalisation
« Sans trop de risques d’erreurs, on peut pronostiquer que la « dépénalisation sous conditions » de l’avortement obtiendra une majorité parlementaire, même si elle sera plus « courte » à la Chambre qu’au Sénat. Quand ? La proposition n’arrivera en séance publique qu’en octobre au plus tôt. Pour que l’avortement soit réellement dépénalisé en Belgique, comme dans tous les autres pays de la CEE, à l’exception de l’Irlande, il reste donc à boucler le marathon parlementaire… »
Bénédicte Vaes, 8/06/1989
Les Belges et l’IVG : changer la loi, faire confiance aux médecins
« Une écrasante majorité de Belges (86,6 %) veut changer la loi de 1867. Même en Flandre, malgré les ukases du CVP. Quelles raisons peuvent-elles autoriser une femme à interrompre une grossesse qu’elle refuse ? Qui doit apprécier ses motivations ? Surprise : les Belges interrogés se prononcent pour une « médicalisation » du débat éthique, érigeant les docteurs en juges suprêmes. Signe d’une émergence croissante du pouvoir médical ? D’autres chiffres, que nous révèlerons demain, indiquent que l’influence de la hiérarchie catholique dans la « société civile » est, elle, en perte de vitesse. »
Bénédicte Vaes, 19/09/1989
Débat de conscience
« Connaissant les clivages de la société belge et le débat que suscite une telle question, ce nouvel élément au dossier déjà long et délicat de l’avortement en Belgique, ne pourra que raviver les passions et, qui sait, peut-être déstabiliser Martens VIII puisque l’IVG constitue un des points de friction au sein de la majorité actuelle. Le CVP n’a-t-il d’ailleurs pas laissé entendre qu’il s’agirait là d’un « moment délicat » ? »
Fernand Letist, 19/09/1989
Avortement : Sénat cherche consensus, désespérément
« Là où nos assemblées ont été en défaut, c’est dans la recherche d’un consensus suffisant pour qu’une majorité se dégage en faveur d’une solution de fond. OEuvre difficile puisqu’il s’agit d’organiser une situation de conflit entre deux intérêts légitimes et fondamentaux. Dans ce domaine, le législatif n’a pas le droit de laisser plus longtemps les médecins sans la moindre directive ou autorisation. »
Janine Claeys, Luc Delfosse, Jacques Van Solinge, 26/10/1989
Victoire de la tolérance sur l’hypocrisie : le Sénat dépénalise l’avortement
« Après quinze ans de dérobades, le Parlement a enfin pris ses responsabilités. Les sénateurs ont voté hier, en début de soirée, la proposition de loi Lallemand – Michielsens sur la dépénalisation partielle de l’avortement. Un scrutin à majorité très significative : 102 oui contre 73 non et 7 abstentions. »
Luc Delfosse, 07/11/1989
L’avortement à la Chambre : le chemin de Damas ?
« Quels seront les lendemains politiques du projet de loi sur l’avortement, voté mardi au Sénat ? Dans le clan de la majorité de rechange, c’est le branle-bas de combat. Il va falloir faire vite, dit-on, pour éviter l’enlisement procédurier à la Chambre. Ou le télescopage fatal. »
Luc Delfosse, 08/11/1989
L’avortement dépénalisé : une loi symbole réconcilie le droit pénal avec la réalité
« L’avortement enfin dépénalisé ? Il l’est dans la loi, bien après les faits. Les joutes politiques qui se sont déroulées, la loi qui vient d’être votée, relèvent davantage de l’ordre symbolique que de l’ordre réel. Au Parlement, le monde politique a renoncé à se voiler la face devant les mutations de la société civile. (…) Les parlementaires ont accepté d’ouvrir les yeux sur la détresse de milliers de femmes. »
Bénédicte Vaes, 03/30/1990
Avortement dépénalisé : la majorité politique rejoint enfin la société
« Tant d’années de débats, de combats, débouchent sur le vote définitif de la proposition corédigée par Roger Lallemand (PS) et Lucienne Herman-Michielsens (PVV).
Dorénavant, plus aucune femme, plus aucun médecin, ne pourront être traduits en justice pour un avortement effectué selon les conditions exigées. »
Bénédicte Vaes, 30/03/1990
