Maingain : « La N-VA n'est pas un parti démocratique »
LAMENSCH,MICHELLE
mercredi 31 mars 2010, 09:31
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Le président du FDF, Olivier Maingain, a réagi à la décision de la N-VA de désigner d'autres personnes à la place des trois bourgmestres non nommés. Interview d'Olivier Maingain par Michelle Lamensch
Le Soir (Dominique Duchesnes)
Le ministre flamand de l'Intérieur, Geert Bourgeois (N-VA), a confirmé, mardi, la non-nomination des trois mayeurs MR de la périphérie
C'est ahurissant ! La N-VA tombe ainsi le masque et démontre qu'elle n'est pas un parti démocratique, qu'elle est incapable de respecter la démocratie locale. Il n'y a qu'en Flandre qu'on peut se permet des choses pareilles Mais la N VA a décidé de tenter de faire échouer les négociations institutionnelles Le CD&V la suivra-t-il ?
Geert Bourgeois veut aussi faire en sorte que ces bourgmestres ne puissent plus se représenter
Il n'y aura jamais d'autres candidats bourgmestres que ceux choisis par les électeurs.
Les FDF sèmeraient la zizanie autour de BHV et de la réforme de l'Etat. Ils seraient ainsi l'allié objectif de la N-VA. Si la raison devait prévaloir, ces deux partis disparaîtraient. Dur, le député bruxellois Walter Vandenbossche (CD&V) dans « Le Soir » d'hier
Le FDF existe depuis plus longtemps que le problème de BHV. La N-VA, elle, n'existe qu'à cause du CD&V, qui l'a associée au gouvernement flamand. Nous sommes déterminés à tenir en échec les séparatistes et nationalistes du Nord et décidés à bien faire comprendre aux francophones que des choix essentiels nous attendent.
Souhaitez-vous vraiment la réussite de la négociation institutionnelle ?
Je participe à la négociation. Chaque fois que le FDF a été associé à une négociation institutionnelle, les francophones étaient plus déterminés et plus sûrs d'eux. Chaque fois, nous avions engrangé des résultats substantiels : Pacte d'Egmont (1977), 2005, etc.
Aujourd'hui, le vrai débat est de savoir si on va laisser agir la N-VA et ses alliés au sein du CD&V, qui sont nombreux, pour nous préparer à un confédéralisme qui, à terme, nous conduira au séparatisme. Car BHV, c'est le test de sincérité pour savoir si on est capable de garder un Etat fédéral ou si les séparatistes vont gagner. Et si la N-VA s'acharne tant sur la scission de BHV, c'est parce qu'elle sait que c'est un des verrous substantiels qui empêche la marche en avant vers le séparatisme.
Vous dites espérer une grande réforme de l'Etat
En effet et on ne l'exclut pas du côté du MR. Mais en contrepartie d'une plus grande autonomie, il y a notre exigence primordiale de briser le carcan qui enferme Bruxelles en Flandre. Le moment est crucial. Si Bruxelles reste enfermée en Flandre, le projet séparatiste pourra se réaliser en l'emportant dans ses bagages. Or, les Bruxellois n'accepteront jamais d'être une minorité protégée en Flandre.
Une scission de BHV menacerait-elle Bruxelles ?
Après BHV, Bruxelles serait dans l'oeil du cyclone de la Flandre nationaliste. Contrairement à ce que disent tous ceux qui s'imaginent qu'on va sauver Bruxelles en abandonnant les francophones de la périphérie. C'est pourquoi l'élargissement de Bruxelles est vital pour Bruxelles.
Selon la Cour constitutionnelle, il faut résoudre le problème de BHV avant les prochaines élections
Le professeur de droit constitutionnel de l'UCL, Marc Verdussen, a déclaré que des élections avec BHV en l'état seraient parfaitement constitutionnelles car la Cour n'a pas annulé la loi de 2002 qui instaure les circonscriptions provinciales. On est tenu de respecter la loi en vigueur !
Il n'y a donc aucune nécessité de régler, toutes affaires cessantes, BHV. Et, soyons clair : dès que des communes (de Hal-Vilvorde sans facilités, NDLR), quitteraient BHV, des communes (de Hal-Vilvorde à facilités, NDLR) entreraient dans Bruxelles. Ce serait LA condition de la pacification communautaire.
