Pour plus de cohérence dans le secteur jeunesse

Rédaction en ligne

vendredi 02 avril 2010, 16:08

Le délégué général aux Droits de l’enfant Bernard De Vos a réclamé au parlement bruxellois un débat « profond » qui permettrait de dégager davantage de cohérence dans les politiques en matière d’enfance et de jeunesse.

Pour plus de cohérence dans le secteur jeunesse

©Sylvain Piraux - Le Soir

Malgré les bonnes volontés en termes d’encadrement et d’aide à la jeunesse, beaucoup trop de liberté est laissée aux mandataires communaux et régionaux pour développer des projets spécifiques fort différents, a souligné le délégué général aux Droits de l’enfant Bernard De Vos, à l’occasion de sa première visite au parlement de la Cocof.

“Il faut se mettre d’accord, à travers un débat profond, sur ce que l’on veut pour les jeunes ; un discours plus clair est nécessaire”, a-t-il fait observer, alors que les débats politiques et médiatiques des dernières semaines sur des cas de violence impliquant des jeunes à Bruxelles ont fini par livrer, selon lui, un message de la part du politique qui n’est “plus du tout lisible”.

Les problèmes de pauvreté et d’enseignement constituent deux des principales spécificités bruxelloises aux difficultés que rencontrent les jeunes, a-t-il souligné.

A Bruxelles, trop de jeunes issus de familles flirtant avec le seuil de pauvreté, ou issues de l’immigration (obstacle de la langue, non-équivalence des études), se voient relégués dans l’enseignement spécialisé alors que ces jeunes ont essentiellement besoin de remédiation pédagogique, estime le délégué.

Il a cité des cas de familles ne pouvant faire face aux frais scolaires, voire d’élèves dont l’inscription est refusée dans certains établissements parce que leurs parents ne peuvent payer l’inscription comptant.

Critique envers la “discrimination positive” qui reste avant tout à ses yeux une forme de discrimination et risque de renforcer “des réalité d’apartheid”, le haut fonctionnaire de la Communauté française plaide en revanche pour la mixité sociale, que le nouveau décret Inscriptions vise à renforcer.

Dans cette perspective, “il faut que toutes les écoles bruxelloises remplissent leur taux de 20,4 pc d’élèves à indice socio-économique faible”, a-t-il insisté, déplorant le fait que des parents de milieux précaires ont “intériorisé le fait que l’école ne constituerait plus pour eux un ascenseur social”.

Dans le domaine de l’approche de la violence des adolescents, M. De Vos, partisan des multiples pistes (sous-financées, déplore-t-il) autres que l’enfermement trop régulier de mineurs en centre fermé, a déploré l’éloignement familial dont seront victimes les jeunes Bruxellois enfermés au centre de Saint-Hubert (Ardennes) inauguré ce vendredi.

Il a aussi pointé du doigt le coût de cette politique d’enfermement (120.000 euros de frais d’encadrement par an et par jeune selon lui).

“On met les moyens en bout de course”, a-t-il regretté, appelant à développer le travail en amont ainsi que des projets tels que le “stage de rupture” par lequel des jeunes en décrochage sont amenés à développer des projets à l’étranger.

(D’après Belga)

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